Pascal Koenig, associé responsable du secteur Asset Management chez Deloitte, a souhaité nous répondre suite à l'article du "Monde"
"Suite à la diffusion de l’étude sur les CGPI Deloitte/Harvest, certaines interprétations (Ndlr H24: Le Monde) ont pu être faites qui ne reflètent pas pleinement les conclusions de l’étude." Pascal Koenig
"Conclusions de l’étude Deloitte / Harvest sur « l’Analyse du comportement des CGPI dans leur choix de partenaires et leur conseil en allocation » :
L’étude se base sur une analyse de données recueillies sur plus d’un quart de la population des CGPI de 2011 à 2013.
Elle s’inscrit dans le cadre des analyses déjà réalisées par les équipes de Deloitte sur les orientations réglementaires européennes et françaises encadrant le conseil en investissement (Etude 2012 : MIFID 2 « Inducements » : Quelles évolutions pour le modèle de distribution français ?, qui a notamment servi de support à l’argumentation des associations professionnelles favorables à un renforcement de la transparence versus bannissement des rétrocessions).
Les objectifs poursuivis par l’étude visent à identifier si le modèle d’architecture ouverte pratiqué aujourd’hui par les CGPI répond déjà aux obligations futures.
Et principalement sur les thématiques d’indépendance du conseil et de capacité à exercer un conseil récurrent.
Elle rappelle parallèlement à la fois les impacts de la RDR britannique sur le marché de la distribution des produits financiers et que les enjeux pour l’industrie s’avèrent intimement liés non pas à MIFID mais à la Directive Intermédiation en Assurances à venir.
Concernant l’indépendance, l’analyse des données quantitatives met en évidence que les CGPI de l’échantillon utilisent en moyenne 7 plates-formes multiproduits qui couvrent en moyenne plus de 600 OPCVM ouverts et près de 200 sociétés de gestion permettant de répondre pleinement aux règles visant la capacité de proposer une grande variété de producteurs et de produits.
Concernant les sociétés de gestion sélectionnées, l’étude souligne une concentration des choix, puisque 60% de l’encours total investi par les CGPI en OPCVM se répartissait au 31/12/2013 sur 10 entités de gestion.
A ce titre, parlant de ces leaders historiques, elles « ont réussi à instaurer une relation de proximité grâce notamment à des échanges réguliers d’informations ».
Sur la distorsion existante entre le palmarès européen des sociétés de gestion sélectionnées et français où seules deux structures sont communes (sur 10), cette sous-représentation des sociétés de gestion étrangères pourrait s’expliquer par la gamme de produits pas toujours adaptée et à leur manque de proximité soulignant ainsi que les structures répondant à ces critères ont pu percer le marché français.
Concernant les produits, l’analyse s’est attachée à comparer les qualités intrinsèques des OPCVM sélectionnés ; l’étude met en avant ainsi que sur les premiers fonds privilégiés : 15 sont notés par Morningstar 5-4 étoiles, et que 50% de ces fonds sont parmi les plus performants de leur catégorie sur la période 2011-2013.
Concernant l’allocation, l’analyse met en évidence que sur la base d’un portefeuille moyen constitué à 52% en assurance vie euros et pour le solde d’OPCVM (essentiellement sous forme d’UC) et autres Instruments financiers (EMTN, SCPI FCPI…), la partie produits collectifs est à 55% des fonds de catégorie diversifiée ou flexible, démontrant ainsi les objectifs poursuivis de préservation du capital et de confiance dans les sociétés de gestion sur leur stratégie d’allocation.
Elle met aussi en évidence le besoin de recourir plus systématiquement à des outils de profil de risque et quand c’est le cas, une faible corrélation entre profil et allocation sauf pour les extrêmes.
« L’aspect administratif et le coût de l’arbitrage peuvent constituer de réels freins à une allocation plus tactique ».
En conclusion notre étude a démontré la réelle indépendance des CGPI et leur capacité à réaliser un conseil objectif qui mêle la sélection de l’enveloppe fiscale et des meilleurs fonds de leur catégorie.
L’allocation est réalisée dans une perspective de long terme et est en ce sens davantage tournée vers le stratégique que le tactique.
La proximité, l’expertise, la mutualisation des moyens et la transparence sont les critères clé de la proposition de valeur du CGPI sur lesquels il doit s’appuyer pour développer son activité."
Pascal Koenig, associé responsable du secteur Asset Management chez Deloitte
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