"Un passionné de whisky ne se met pas au Cognac..." Romain Burnand, co-gérant des fonds Moneta
Quartier Libre pour Romain Burnand, fondateur et co-dirigeant de Moneta AM, gérant des fonds Moneta Micro Entreprises ainsi que Moneta Multi Caps et Frédéric Lorenzini
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Frédéric Lorenzini : La crise est-elle réellement derrière nous ?
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Romain Burnand : Oui en ce qui concerne la crise de la zone euro. En ce qui concerne la crise plus globale, reste à gérer certaines conséquences, entre autres au niveau de la création monétaire extrêmement prolifique : sa résorption peut poser problème.
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FL : Le soleil se lève à l’est : le Vieux continent a-t-il encore un destin majeur sur la scène mondiale ?
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RB : On peut espérer qu’il en ait encore un avec sa culture et sa manière de vivre : le modèle démocratique, la tolérance, la liberté, la sécurité… Des valeurs que de nombreuses régions du monde nous envient.
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FL : Quels sont les 3 indicateurs économiques qui sont pour vous les plus importants ?
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RB : Les indicateurs économiques intéressants sont nombreux mais ce qui nous alerte c’est quand le consensus devient excessivement fort ; comme quand on pensait que les Etats-Unis étaient finis ou que les émergents tenaient définitivement le haut du pavé.
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FL : Un indicateur en trompe l’œil ?
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RB : La croissance dite « organique ». Pour des sociétés qui exercent dans des pays à forte inflation, c’est le cas pour de nombreux pays émergents, cet indicateur est gonflé par la hausse des prix. La contrepartie ce sont les dépréciations monétaires. La vraie croissance organique exprimée en euros s’avère alors fort différente.
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FL : Vos 3 secteurs de prédilection ?
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RB : Je fais du stock-picking… Je parlerais plutôt de 3 gisements : les entreprises qui ne font pas de marketing boursier comme par exemple Bolloré, les sociétés qui ont eu un accident de parcours comme par exemple Gemalto lors de sa fusion et enfin la catégorie des entreprises qui sont dans des secteurs décriés comme les banques en 2011 ou les utilities actuellement.
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FL : Pourquoi ne pas appliquer votre philosophie de gestion de bon père de famille à l’univers obligataire ?
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RB : L’univers des actions est suffisamment riche pour exploiter notre savoir-faire ; c’est notre passion : un passionné de whisky ne se met pas au Cognac. Mais si j’avais droit à une seconde vie, je m’y intéresserais peut être !
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FL : La finance est-elle une industrie comme une autre ?
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RB : Elle devrait l’être. La finance est cependant un domaine où les gens mettent beaucoup de passion et d’irrationnel : quand le marché baisse les investisseurs s’en détournent au lieu d’acheter. Warren Buffet résumait cela en disant que les acteurs financiers sont les seuls que l’on n’a pas envie d’acheter quand ce sont les soldes.
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FL : Quelle est l’erreur de gestion qui vous a le plus appris ?
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RB : Vial, une société de menuiserie discount, elle a eu un très grand succès mais le patron était véreux. On s’est laissé prendre par son charisme, son parcours, sa vision… mais les indicateurs auraient dû nous faire réagir.
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FL : En 10 ans, la société a atteint 2 milliards d’euros d’encours, de quoi seront faites les 10 prochaines années ?
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RB : On n’a pas de vision dans ce domaine mais il y a 3 choses qui sont sûres : on ne se mesure pas par rapport aux encours, on aime faire ce que les autres ne font pas, et surtout on aime avoir des clients contents.
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FL : Comment est investi votre portefeuille financier ?
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RB : Essentiellement dans les fonds Moneta, à plus de 50% ; et dans des fonds de gens que je respecte, comme Ulysses L.T. Funds European General géré de Suisse par Jean-Pascal Rolandez, ou les fonds d’Amiral Gestion.
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