La lettre d'Edouard Carmignac dans le Figaro du jour...
"...l’absence de tensions trop marquées sur les taux d’intérêt devrait favoriser les investissements sélectifs dans l’univers des pays émergents dont les perspectives sont généralement décriées aujourd’hui" E.Carmignac
Paris, le 20 janvier 2014
Madame, Monsieur,
L’année 2013 aura été faste pour les marchés actions. Les investisseurs, enhardis par la mise en place généralisée de politiques monétaires accommodantes et par leur efficacité à favoriser l’amélioration des perspectives de croissance globale, ont fait connaître aux indices boursiers des pays développés des progressions notables, avec peu de discrimination géographique ou sectorielle.
Après un tel parcours, que nous réserve 2014 ? Doit-on considérer que les marchés sont fragilisés par des hausses qui reflètent principalement une revalorisation plutôt qu’une amélioration substantielle des estimations bénéficiaires ? Certes, l’activité manufacturière mondiale se reprend nettement, avec un rebond supérieur à 5% en rythme annualisé au quatrième trimestre. Si la croissance européenne demeure faible, la reprise des pays périphériques la rend moins hétérogène, au moment où la mise en place d’un gouvernement de grande coalition en Allemagne doit renforcer la demande interne dans la première économie de la zone euro. Enfin, si l’amélioration des perspectives d’activité a été saluée par les marchés, ne s’agit-il pas plutôt d’une reprise de soulagement devant l’éloignement des méfaits de la crise de 2008, les flux acheteurs sur les actions demeurant modestes à l’échelle mondiale, écartant les engouements caractéristiques d’une constitution de bulle ?
Néanmoins, investir en 2014 devrait s’avérer plus délicat. Les politiques monétaires poursuivies par la plupart des grands pays demeureront bienveillantes, mais avec des taux de croissance de liquidités différenciés, qui entraîneront des disparités dans la valorisation des actifs ainsi que des mouvements plus marqués sur le marché de changes. La FED notamment devra veiller à procéder à l’arrêt progressif de ses achats nets de dette sans déstabiliser les marchés, exercice difficile comme l’a amplement démontré son faux pas du printemps dernier. Ces liquidités abondantes ne sauraient toutefois nous faire oublier les maux structurels dont souffrent les économies matures en termes de vieillissement démographique, faiblesse d’investissement productif et de substitution massive des postes d’encadrement par des emplois faiblement rémunérés. A contrario, l’absence de tensions trop marquées sur les taux d’intérêt devrait favoriser les investissements sélectifs dans l’univers des pays émergents dont les perspectives sont généralement décriées aujourd’hui.
Aussi 2014 devrait être encore un bon cru, mais pas une année de pilotage automatique.
Sur cette note confiante mais prudente, je me permets de vous présenter, Madame, Monsieur, mes meilleurs vœux de bonheur et de prospérité.
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