Didier Le Menestrel va surprendre ses clients et peut-être même ses équipes…. :)
Pas de langue de bois entre Didier Le Menestrel, Président de Financière de L'Echiquier et Frédéric Lorenzini pour H24 Finance
Frédéric Lorenzini : En Europe, vous pensez que l’on assiste à une reprise économique durable ou à un feu de paille ?
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Didier Le Menestrel : Plutôt à un feu de paille : les stratégies économiques doivent être revues, l’espace politique est mal ficelé et la croissance mondiale estimée à 3% ne suffira pas à redresser l’Europe.
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FL : A quel horizon anticipez-vous un resserrement de la politique monétaire américaine ?
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DLM : A priori en 2014, mais j’aurais répondu la même chose déjà en 2013…
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FL : Comment gérer un relèvement des taux ?
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DLM : Pour le banquier central : en faisant croire qu’il arrive et en le reportant à plus tard. Ce qui laisse aux gérants le temps d’aller sur des durations courtes.
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FL : Quand on fait du stock picking, jusqu’à quel point peut-on s’abstraire de la macro ?
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DLM : Jusqu’en en 2008 à 100%, et à partir de 2013 on peut redevenir confiant. Entre les 2 on a traversé une période difficile pour tout le monde.
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FL : Etes-vous toujours allergique aux technos ?
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DLM : C’est vrai que je suis allergique aux rêves qui peuvent être associés aux valeurs technologiques. Ceci dit, on a très bien gagné notre vie depuis 2006 avec certains éditeurs de logiciels. Nos fonds croissance sont aujourd’hui positionnés sur des dossiers techno de qualité très objective ! (Google, eBay, Amazon)
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FL : Peut-on faire confiance aux banquiers ?
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DLM : Je crois que l’on doit leur faire confiance pour ce qu’ils savent faire, c’est-à -dire la fonction fiduciaire, le dépôt. Je me méfie toutefois de la sur-diversification de certaines banques, qui donne parfois le sentiment d’être face à un boulanger qui voudrait vendre des cigarettes électroniques.
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FL : Votre plus belle plantade ?
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DLM : Cornéal ! J’ai fait confiance à un homme, ce que je fais souvent, et il m’a planté : il est sorti de la cote, il n’a pas joué le jeu.
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FL : Quelles est votre stratégie à l’international ?
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DLM : La clientèle étrangère représente aujourd’hui un quart de notre encours, soit près de 2 milliards d’euros. La stratégie pour continuer de développer notre présence : l’implantation ! Nous commençons par l’ouverture d’un bureau Milanais.
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FL : A partir de quelle baisse des marchés arrêtez-vous de dormir ?
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DLM : J’ai toujours peu dormi. Donc la question c’est à partir de quelle baisse je fais des cauchemars… En fait je suis plus parano que angoissé : c’est l’anticipation de la baisse qui inquiète, une fois que le marché a baissé, ça me stimule et me rend plus combatif.
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FL : Si vous n’aviez pas été gérant, qu’auriez-vous voulu être ?
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DLM : Editeur ou boulanger.
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FL : La Financière de l’Echiquier, c’est le futur Carmignac ?
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DLM : Le joke en interne est de se dire qu’on les rachètera un jour ! Plus sérieusement, Carmignac est un très beau modèle, nous développons le nôtre.
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Propos recueillis par Frédéric Lorenzini pour H24 Finance
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