Et si l’Europe m’était contée…. Edito de Philippe DELIENNE, président de Convictions AM
Négocier à 17 pays n’est pas chose facile. Il y aura sans doute des ratés mais depuis sa création la zone euro a réussi ses avancées à force de compromis...
On connaît la chanson. Beaucoup d’observateurs avaient cette expression en tête à la veille du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne programmé les 28 et 29 juin derniers. Il faut reconnaître que depuis plus de deux ans et demi, à mesure que la crise de la dette s’aggravait au sein de la zone euro, chaque rencontre des chefs d’Etat a été qualifiée de Sommet de la dernière chance. Cette fois, les esprits les plus désabusés n’ont pas eu gain de cause. On savait depuis longtemps déjà que les dirigeants européens devaient prendre des mesures urgentes pour rassurer les marchés et donner corps à un projet à long terme pour la zone euro afin de redonner confiance aux investisseurs. Fin juin à Bruxelles, ils ont joué sur les deux tableaux. Non pas que la partie ait été simple à jouer, mais la détermination de Mario Monti, le président du Conseil italien, et celle de Mariano Rajoy, le premier Premier ministre espagnol, ont su surmonter les obstacles.
Notamment celui érigé par Angela Merkel sur l’utilisation des fonds de soutien à la zone euro, Fonds européen de solidarité financière (FESF) et futur Mécanisme européen de solidarité (MES), qui cohabiteront jusqu’en juin 2013. Un accord a été finalement conclu sur la mise en place d’un superviseur bancaire européen qui pourrait être confié à la BCE, sur la recapitalisation en direct des banques par le MES pour ne pas alourdir l’endettement des Etats, et sur l’assouplissement des conditions de rachat des dettes souveraines sur le marché primaire et secondaire par le FESF et le MES. Les dirigeants de la zone euro ont aussi donné leur feu vert à la recapitalisation du système bancaire espagnol à hauteur de 100 milliards d’euros. Le pacte pour la croissance, si cher à François Hollande, a été adoubé avec à la clé 120 milliards de financement consacrés à des projets européens pour relancer la croissance.
A la fin de l’année, à l’occasion d’un nouveau Sommet, les dirigeants de l’Union européenne devront se prononcer sur le rapport intitulé « Vers une véritable Union économique et monétaire » présenté par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en association avec les présidents de la Commission européenne, de la BCE et de l’Eurogroupe. Ce rapport préconise de parvenir à une Europe financière intégrée, à une union budgétaire, à une politique économique commune et à un renforcement de la légitimité démocratique. Il s’agit là d’une vision à long terme pour la zone euro et d’un véritable projet de gouvernance économique. Le Sommet de fin juin est en cela porteur d’avenir. Dire pour autant que la voie est toute tracée serait aller vite en besogne. Négocier à 17 pays n’est pas chose facile. Il y aura sans doute des ratés mais depuis sa création la zone euro a réussi ses avancées à force de compromis.
Pour visionner le PDF complet : http://www.convictions-am.com/documents/lettres-trim/lettre-trim-30-06-2012.pdf
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