"Scandaleux !" : Le coup de gueule de Léa Dunand-Chatellet (DNCA)...

S'il est une leçon à retenir des nombreux scandales qui salissent l'objectif des fonds ISR c'est l'incompréhension des méthodes, du sérieux, de la volonté et de la sincérité des démarches.
Gérer un fonds ISR est aujourd'hui plus risqué que gérer un fonds de produits complexes.
Pourquoi ?
Parce qu'il faut garantir non pas le capital mais la pureté. La pureté de penser, la pureté d'agir, la pureté d'investir.
Il ne faut pas écarter les fondamentaux de la gestion financière. Et le premier d'entre eux est d'accepter le risque. Aucune entreprise n'est parfaite, est-il nécessaire de l'écrire ?
Mais alors pourquoi tant de démarches, de méthodes, d'analyses, de normalisation ne permettent pas d'éviter le pire ?
L’ISR est-il impuissant, inefficace, inutile, voire contre-productif ?
NON. Il ne s'agit pas de cela.
L'ISR doit être une démarche intégrée et maitrisée pour avoir de la valeur et être pertinent. L'ISR doit reposer sur les mêmes fondamentaux que la gestion financière classique c'est à dire s'en tenir à la capacité d'analyser et de détecter autant que possible la qualité sincère d'une entreprise et de ses dirigeants.
Je ne dis pas que l'ISR est une boule de Cristal qui permet d'éviter tous les risques, tous les scandales. Ce n'est pas une poudre magique constituée de vertus et de bonnes intentions. C'est un outil puissant de compréhension et de détection des entreprises défaillantes et malveillantes.
Si son analyse ne peut pas fonctionner avec certitude elle doit néanmoins fonctionner souvent, régulièrement. C'est la loi des probabilités qui s'applique. En gestion, un scandale ça arrive, deux scandales c'est probable, tous les scandales, ce n'est plus un risque pris, c'est une certitude.
Qu'est ce qui conduit à ce constat ?
Le recours à l'externalisation systématique des opinions, de l'analyse. Celle-là même qui est au cœur des choix d'investissement. Il n'y a pas d'ISR sans implication réelle des gérants, il n'y a pas d'ISR sans analyse réelle des analystes. Il n'y a pas d'ISR sans conviction. On ne peut pas "que" cocher des cases.
Léa Dunand-Chatellet
Gérante et directrice du Pôle ISR chez DNCA Finance
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