Brexit : Interview de Didier Le Menestrel à chaud...
La réaction du Président de la Financière de l'Echiquier

H24 : Quelle est votre première réaction à chaud ?
Didier Le Menestrel : Ce qui prédomine en premier lieu, c’est la tristesse et la déception de voir la belle idée de l’Europe touchée au cœur.
Pour le reste, notre première réaction est la même que celle de tout le monde : les derniers sondages avaient redonné un peu de confiance aux marchés et nous voulions croire à la bonne nouvelle.
L’annonce du Brexit est donc une très mauvaise surprise qui contrarie à la fois les prévisions des bookmakers et le rallye des marchés de ces trois derniers jours.
Cela crée une onde de choc majeure dans les marchés mondiaux.
L’ajustement des marchés est très brutal ce matin et il faudra quelques jours, voire quelques semaines avant d’y voir plus clair.
H24 : N’avez-vous pas peur d’une réaction en chaîne ?
DLM : Je pense qu’il faut écarter d’emblée le risque systémique : les banques centrales sont en pleine action et devraient prendre la parole rapidement – la Banque d’Angleterre l’a déjà fait.
D’une certaine manière, même si nous ne l’espérions pas, tout le monde a eu le temps de se préparer à un événement de la sorte.
Cela ne rend pas le moment plus agréable mais cela rassure tout de même et dans un contexte pareil, c’est déjà beaucoup.
H24 : Quels seront les impacts à long terme ?
DLM : Là encore, reconnaissons que nous avons peu de visibilité.
Ce qui est certain, c’est que l’environnement politique sera particulièrement moteur du fait de ses nombreuses échéances –référendum italien, élections en Espagne, en France et en Allemagne –, et que la question de l’Union sera centrale au cours des mois à venir.
Les Pays-Bas et le Danemark ont déjà évoqué leur propre référendum.
Les conséquences économiques directes ne sont pas plus appréciables, d’autant que les négociations de sortie vont prendre deux ans.
A court terme, c’est un euphémisme de dire que le scénario d’une courbe en « V » est moins probable que celui d’un « L » ou d’un « U ».
H24 : Que dites-vous à vos clients ce matin ?
DLM : Nous cherchons avant tout à expliquer, à rassurer.
Nous rappelons quelques données fondamentales sur nos portefeuilles : sous-exposition au Royaume-Uni et aux financières, notamment britanniques, couverture partielle de la position actions dans Echiquier ARTY et Echiquier Global Allocation avant le vote.
Nous leur disons aussi bien entendu que notre offre dispose de solutions défensives et de produits décorrélants qui font le travail.
Enfin, je crois important de leur rappeler que les chiffres de l’économie réelle en Europe étaient plutôt bons depuis le début de l’année, et que les événements de marché tels que celui que nous vivons aujourd’hui sont les meilleurs pour investir ou renforcer nos positions dans les très beaux modèles d’entreprise auxquels nous croyons.
C’est cette vision-là qui sera payante sur le long terme.
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