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Epsicap REIM : SCPI internationales, syndrome du "spleen" français ?


Andràs Boros, Président d’Epsicap REIM, signe une tribune sur les choix d’investissement des SCPI et les raisons qui poussent aujourd’hui l’épargne immobilière française à regarder ailleurs. Il y livre une réflexion sur les choix d’investissement des SCPI, entre attachement à la France, contraintes fiscales et rationalité économique.

On verra les chiffres définitifs, mais je pense qu'environ 90 % des investissements des SCPI en 2025 seront réalisés hors de France. Et c’est le même ratio chez Epsicap REIM sur les 100 M€ environ que nous aurons déployés cette année.

Nous avons eu du retard à l’allumage : notre première SCPI, Epsicap Nano, a démarré comme une SCPI 100 % française. Puis avec l’accord des associés de la SCPI, nous avons d’abord commencé en 2024 à investir en Espagne, et finalement depuis cette année partout en Europe. Notre seconde SCPI, Epsicap Explore, a été conçue d'emblée comme une SCPI européenne.


J’avoue que cela m’a initialement posé un problème presque « métaphysique » à titre personnel. Je suis arrivé en France pour mes études supérieures en 1996 avec une bourse du gouvernement français, puis j’ai fait ma vie ici et j’ai été naturalisé. La France « m’a tout donné » comme on dit. On peut appeler ça du « patriotisme économique » : j’ai eu beaucoup de mal à me dire qu’on allait déployer l’argent de nos épargnants français hors de France. D’autant plus que je suis moi-même un investisseur significatif dans nos SCPI. Mais le pragmatisme a dû prendre le dessus, car comme toute entreprise, nous devons coller au plus près à la demande de nos clients. Et la demande des investisseurs en France est aujourd’hui très claire : « n’investissez pas notre argent dans l’immobilier tertiaire en France ».

J’avoue que j’aimerais bien investir davantage en France, et je pense que nos investisseurs aussi. Mais la fiscalité sur les revenus fonciers générés y est beaucoup trop lourde, et ses perspectives actuellement plutôt moroses. On peut aimer la France, mais rester néanmoins un agent économique rationnel…


Je ne suis pas de ceux qui pensent que "tout est foutu", et, pour ce qui concerne le cas particulier des SCPI, la France doit retrouver la place qu’elle mérite dans un portefeuille immobilier européen, c’est-à-dire au minimum le poids relatif qu’elle représente dans la population et l’économie européenne (autour de 15%).

Mais pour cela :

  • la fiscalité sur les revenus fonciers doit revenir à un niveau raisonnable, donc à minima s’aligner sur celle des autres revenus du capital (le niveau de la production de logements neufs en France et le niveau des investissements hors de France par les SCPI démontrent sans aucun doute possible que la stigmatisation - idéologique- des revenus fonciers en France a été une erreur abyssale);

  • le public français doit retrouver confiance dans les perspectives de son pays.


Hélas, cela risque d'être pour le moins compliqué au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles. L'absence de majorité et le "pouvoir redonné au Parlement" mènent malheureusement dans notre beau pays à un compromis budgétaire qui sera peut être un moindre mal pour 2026, mais qui n'en demeure pas moins une impasse pour la France (environ 5% de déficit de l’État, et 20 milliards pour la Sécurité sociale, la croissance étant attendue péniblement à 0,8% cette année). 

Il faut espérer qu’un homme ou une femme politique émergera, soutenue par une majorité parlementaire, capable d'ouvrir de nouvelles perspectives à la France, et qui mettra au centre de son projet politique la façon dont notre pays pourra à nouveau créer de la richesse (réduire les dépenses est indispensable, mais ce n'est pas un projet politique) face aux rouleaux compresseurs américains et chinois notamment. Condition sine qua non pour qu'elle se recrée des marges de manoeuvre pour sa défense, ses services publics, son ordre républicain, et la défense de la laïcité, entre autres. 

Et alors nos investisseurs nous demanderont d’y investir à nouveau, j'en suis convaincu.

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