Les taux négatifs, un vrai problème pour tous...
Les titres de ces notes de gestion illustrent la mise à l'épreuve à laquelle les sociétés de gestion font face :
- Pimco : "Les politiques de taux négatifs pourraient être une partie du problème"
- Natixis : "A quoi servent les taux d'intérêt négatifs ?"
Les taux de dépôts négatifs des Banques Centrales et par ricochet, tous les rendements des emprunts d'Etat à court ou moyen terme sont partis à la casse.
Selon les derniers chiffres de JP Morgan, c'est aujourd'hui un quart de la dette souveraine mondiale qui offre un rendement négatif, autrement dit qui oblige les investisseurs à payer l'emprunteur souverain lorsqu'ils lui prêtent de l'argent.
Cette situation pose des problèmes d'arbitrage et de gestion des risques sur les actifs depuis des mois. Mais aujourd'hui c'est carrément la remise en cause de l'efficacité de ces politiques sur l'économie réelle qui se répand.
De l'autre côté de l'Atlantique, le célèbre gérant Pimco, très présent sur le marché des taux, s'inquiète. Il a en effet remarqué que les stress tests imposés aux banques américaines pour 2016 ont inclus, pour la première fois, un scénario de taux des Fed funds négatifs de 50 points de base.
Pour lui, ce pourrait être un signe que la FED pense à suivre la BCE dans sa politique de taux négatifs si la situation se dégrade alors même qu'elle communique sur un relèvement de ses taux. Pour Scott Mather, CIO de Pimco aux Etats-Unis, un tel scénario s'il se réalisait, poserait un vrai problème.
L'efficacité des taux négatifs sur la croissance et l'inflation "est loin d'être certaine", écrit-t-il. "Les autorités pourraient avoir significativement sous-estimé les risques économiques", ajoute-t-il.
Les taux négatifs créent selon lui plus de volatilité et réduisent l'offre de prêts à l'économie en raison d'un système bancaire sous pression.
Cet avis est aussi partagé sur notre continent. Dans sa note de février, Patrick Artus, économiste chez Natixis, démontre que les taux d'intérêt négatifs n'ont pas accéléré le crédit bancaire comme la BCE l'aurait voulu.
Pire même, ils n'ont pas non plus vraiment amené les investisseurs vers les actifs risqués, n'ont pas réduit les dépôts des entreprises et même, n'ont que de façon très transitoire déprécié l'euro.
"Le bilan total est donc faible", estime Patrick Artus.
"Au fil des semaines, le compartiment obligataire perd un peu plus de son statut d’actif refuge", rappelle de son côté David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine.
La promesse de Mario Draghi, président de la BCE, d'examiner en mars un nouvel assouplissement de sa politique, déjà très accommodante, risque de grossir encore les rangs des sceptiques.
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