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"Entre baisse de l'euro, baisse du pétrole et taux bas, les planètes sont toujours alignées !" explique ce porte-parole de la gestion...

Entretien avec Elisabeth Elkrief, porte-parole de la gestion de Rothschild & Cie Gestion

 

 

H24 : Les mots de Mario Draghi "il n'y a pas de limites" à l'intervention possible de la BCE, sont-ils de nature à rassurer les marchés sur le long terme ?

 

Elisabeth Elkrief : La BCE a un effet psychologique rassurant sur les marchés, particulièrement sur la partie courte de la courbe.

 

Mais au-delà de l'analyse que l'on peut en faire à court terme, notre vision économique est celle d'une reprise de cycle dans la zone euro qui est bien installée.


En effet, l’Eurozone a créé plus de 3 millions d’emplois depuis 2013, l’investissement des entreprises progresse et la reprise des dépenses de construction représente un potentiel de surprise à la hausse.

 

La baisse des marchés de ces dernières semaines traduit une anticipation de récession mondiale, ce qui ne nous semble pas justifié. Le marché est surtout victime de comportements spéculatifs de court terme qui sont amplifiés par l'absence d'acheteurs de long terme.

 

 

H24 : Pourquoi la baisse du pétrole inquiète-t-elle autant ?

 

EE : Le marché s’inquiète d’une forte hausse du coût de l’endettement des entreprises et des pays producteurs de matières premières, et du risque de répercussion sur le système financier.

 

Mais deux éléments sont là pour rassurer : d'une part, le secteur lié à l’énergie ne représente que 2% des bilans bancaires américains. Autant dire une goutte d'eau si on le compare au résidentiel américain qui avait été à l'origine de la crise des subprimes.

 

Second élément : les chiffres de la consommation des ménages américains montrent que les particuliers n'ont pas consommé tout le gain de pouvoir d'achat induit par la baisse du prix du pétrole. Il y a donc encore une réserve de consommation domestique.

 

 

H24 : L'environnement vous a-t-il conduit à faire des arbitrages ?

 

EE : Non, notre raisonnement de long terme n’a pas été infirmé. La croissance de la zone euro a enregistré un faux départ en 2010 à cause de la crise de la dette en 2011. La reprise de cycle a 4 ans de retard par rapport aux Etats-Unis.

 

Entre baisse de l'euro, baisse du pétrole et taux bas, les planètes sont toujours alignées !

 

Et ce d'autant plus que la croissance mondiale, bien que modérée, est attendue en amélioration en 201 .

 

Nous aimons beaucoup les valeurs de retournement comme Veolia ou Peugeot.

 

Par contre, nous sommes prudents sur les valeurs de croissance car elles ont été très favorisées par la baisse des taux et que ce cycle est probablement terminé.

 

 

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