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Le ralentissement des émergents est-il problématique ?

Laetitia Baldeschi (stratégiste CPRAM)

Alors que les pays émergents étaient l’une des seules sources de croissance mondiale, les signes de ralentissement s’y sont multipliés. Jusque-là  le ralentissement pouvait être atténué par un nouvel assouplissement monétaire ou budgétaire. Plusieurs facteurs, tant économiques que politiques ou sociaux, sont venus perturber ce scénario.

 

Le changement de ton de la Réserve fédérale, annonçant la fin prochaine de ses achats de titres, a accéléré les choses, provoquant une hausse des taux longs et une baisse de l’ensemble des actifs risqués.

 

Ainsi, les investissements massifs sur les marchés émergents depuis le début du QE3, qui refluaient depuis le mois de mars, ont accéléré leur repli. Sur le seul mois de juin quelque 25 milliards de dollars de sorties ont été enregistrés, accélérant le mouvement déjà  amorcé de baisse des devises, de hausse des spreads et de baisse des actions. Cependant, à  la différence des précédentes décennies, une partie non négligeable de ces flux proviennent des pays émergents eux-mêmes, qui pourraient ne pas répondre à  la même logique.

 

Tous les émergents ne sont pas à  mettre dans le même panier.

 

La volatilité actuelle révèle des situations particulières, notamment dans les grands pays. Ces problèmes ne sont pas nouveaux, mais les moyens d'y faire face diminuent avec l'aggravation financière. Ainsi le Brésil, malgré un assouplissement monétaire considérable en 2011, ne montre aucun signe d'accélération de l'activité. La croissance annuelle du PIB reste autour de 1%, avec une inflation qui accélère sensiblement, obligeant la banque centrale à  un relèvement pro-cyclique du taux directeur. Les dépenses en infrastructures, attendues comme un moteur de croissance, n'ont fait qu'exacerber le malaise social sur fond de corruption, alors que le déficit courant se creuse, dans un contexte international moins porteur. De plus, le Brésil est très dépendant de la conjoncture chinoise.

 

En effet la Chine est le premier client du Brésil, avec 20% de ses exportations. Le ralentissement qu’on y observe pèse donc sur la conjoncture brésilienne. Les nouvelles autorités chinoises semblent se satisfaire d'une croissance de 7,5%, rééquilibrée au profit de la demande intérieure. La Chine doit de plus affronter une situation financière intérieure de plus en plus fragile à  cause du fort endettement privé dû au stimulus budgétaire de 2009.

 

Des problèmes sociaux s'observent ailleurs, comme en Turquie ou en Afrique du Sud, ajoutant de la volatilité à  une situation complexe, sans parler de situations politiques parfois difficiles, notamment en Egypte, ce qui aura vraisemblablement des conséquences sur l’économie et sur le cours du pétrole. Plus généralement, les pays en déficit courant important pourraient, avec la raréfaction des liquidités, affronter des difficultés de financement. Il faudra également observer leur position nette extérieure, mais aussi le niveau de leur dette extérieure, leurs réserves de change, leurs perspectives de croissance et la qualité de leurs institutions.

 

En clair, les investisseurs internationaux vont de nouveau s'appuyer sur une analyse de « risque pays » et différencier les pays émergents.

 

Au total, on observe une croissance décevante pour les pays émergents depuis le début de 2013, avec des révisions à  la baisse pour 2013 et pour 2014, plus marqué encore pour l’Amérique latine. On parle néanmoins d'une croissance émergente autour de 5% en 2013, loin des taux précédents (autour de 8 % entre 2004 et 2007).

 

En revanche, la croissance est finalement plus forte qu'attendu au Japon. C’est donc un certain rééquilibrage de l'économie mondiale, moins favorable aux investissements dans les émergents. Le ralentissement des pays émergents ne nous semble donc pas être de nature à  infléchir négativement les perspectives des économies développées.

 

En termes d’investissements financiers, à  court terme et tant que la volatilité restera élevée, la zone émergente nous semble devoir être évitée en grande partie. En revanche, dès que le stress aura diminué, il sera temps de réexaminer, de manière sélective, la situation de chacun des pays émergents pour y détecter de possibles sources de valeur.


Source : Laetitia Baldeschi (stratégiste CPRAM) pour voir son profil

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