La lettre ouverte d’Edouard CARMIGNAC au Président de la République….
"La mise en place d’une fiscalité confiscatoire décapiterait les états-majors de nos entreprises, accélérant l’exode de leurs dirigeants, tout en gelant l’investissement chez les PME" E.CARMIGNAC.
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Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
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Paris, le 4 juillet 2012
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Monsieur le Président,
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Vous venez d’être élu au terme d’une campagne électorale particulièrement habile et heureuse vous dotant des pleins pouvoirs. Vous avez ainsi l’opportunité historique de réformer notre pays en profondeur pour l’aider à faire face aux imposants défis qui l’attendent, avec un large soutien de l’ensemble du corps social.
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Hélas, les premiers projets annoncés par votre gouvernement ne vont pas en ce sens et constituent une accumulation de menaces funestes. La mise en place d’une fiscalité confiscatoire décapiterait les états-majors de nos entreprises, accélérant l’exode de leurs dirigeants, tout en gelant l’investissement chez les PME. Envisager de tondre également les classes moyennes renforcerait la fragilisation de la valeur travail amorcée par les 35 heures. Enfin, les classes les plus modestes ne seraient pas en reste. La surfiscalisation des heures supplémentaires rognerait leur pouvoir d’achat, tandis que le projet d’augmentation du Livret A faciliterait certes le placement de la dette publique, mais engouffrerait une part accrue de l’épargne populaire dans un placement à la rentabilité médiocre.
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Vouloir tondre l’ensemble du pays afin d’assurer la survie d’un modèle social obsolète est un projet condamné d’avance, mais réalisable au moins pendant quelques mois. Mais vouloir tondre également nos amis allemands est une ambition dangereuse et inconsidérée. Pourquoi accepteraient-ils de contribuer au financement de la retraite à 60 ans en France, alors qu’elle vient d’être portée à 67 ans outre-Rhin ?
Certes, l’Allemagne aurait beaucoup à perdre de l’implosion de l’euro. Mais il est politiquement indéfendable d’exiger d’elle un soutien sur des avantages sociaux qu’elle se refuse à elle-même et irréaliste d’attendre qu’elle puisse à elle seule porter le fardeau d’une Europe par trop dispendieuse.
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Consolider la viabilité de l’essentiel de nos avancées sociales en adoptant un courageux programme de réformes ou les compromettre en appauvrissant le pays, tout en mettant en danger la construction européenne ? Tel est votre redoutable dilemme. De grâce, ne vous trompez pas.
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Dans cet espoir, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération choisie.
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Edouard Carmignac
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Pour visionner la lettre, cliquez-ici : http://www.carmignac.fr/fr/edito.htm
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