Le moment de vérité approche… (la vision de la banque Pictet)
Yves Bonzon, Directeur des investissements Pictet.
Voici bientôt trois ans, les habiles échanges d’actifs immobiliers orchestrés par les moines d’un obscur monastère de la péninsule du Mont Athos provoquaient un basculement de gouvernement en Grèce qui allait mettre en lumière une gestion étatique catastrophique et plonger l’Europe dans la plus grande crise financière de son histoire. La révélation d’un déficit public courant proche de 18% du PIB, au lieu des 3% officiellement avoués, restera le point de départ d’une longue liste d’errements politiques visant à repousser l’inévitable, dans l’espoir mal défini d’un miracle.
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Depuis lors, le miracle attendu ne s’est pas produit et la crise a atteint les plages des autres pays du sud européen. Le sort qui attend la Grèce, mais surtout les décisions qui accompagneront ce sort, vont donc s’avérer déterminantes pour le futur de la construction européenne.
Les spéculations sur les avantages et les risques d’une sortie de la Grèce de l’Union monétaire sont actuellement foison.
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Pour autant, elles ne restent que des spéculations, tant les conséquences sont incertaines pour la Grèce comme pour le reste de l’Europe. Dans ce contexte, il nous paraît impératif de se préparer à toutes les éventualités. Ces dernières peuvent fondamentalement être caractérisées selon trois axes, dont deux constituent une solution définitive à cette crise et dont la troisième est la voie poursuivie depuis le début de la crise.
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Cette dernière consiste à maintenir la construction monétaire intacte en repoussant successivement le problème au moyen d’interventions étatiques plus ou moins malheureuses. C’est l’axe du statu quo. Il n’est pas linéaire, nous entraînant tantôt vers le premier axe, l’union fiscale, tantôt vers le troisième axe, la restructuration de la devise unique.
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Cette dernière peut elle-même prendre différentes formes allant de la sortie de la Grèce, à l’euro du sud et l’euro du nord, en passant par la sortie de l’Allemagne qui recouvrerait sa souveraineté monétaire et le Deutsche Mark.
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Tant que nos gouvernants maintiennent le cap médian, celui qui repousse à demain les décisions traitant les causes et non les symptômes de la crise, et que l’euro en sa forme actuelle survit sans union fiscale, le mouvement naturel du capital au sein de la zone euro correspond à une fuite de la périphérie vers le centre. Cette fuite explique comment l’Etat allemand émet de la dette à deux ans avec un rendement nul. Du côté de la restructuration de l’euro, une éventuelle sortie de la Grèce sans contagion aux autres pays paraît improbable, car elle mettrait l’Europe au pied du mur et la condamnerait à choisir entre union fiscale et éclatement de la devise commune.
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Source : Pictet
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