Les institutionnels se détournent eux aussi des dettes d'Etats
Extrait de l'éditorial de Jean Eyraud, président de l'Association française des investisseurs institutionnels.
Les investisseurs institutionnels vont sans doute continuer de réduire le poids des dettes d’État et regarder plus qu’auparavant les autres actifs de rendement. Ce mouvement est perceptible sur l’immobilier de bureau qui semble «Solvency II friendly», encore flou ou à l’étude sur le « capital investissement » et les infrastructures. Il a bien démarré sur les obligations d’entreprise, « investment grade » ou « haut rendement ». La dette émergente pose encore des problèmes d’éligibilité chez certaines catégories d’institutionnels, surtout pour les dettes en monnaie locale. Il faudra bien un jour que les pouvoirs publics ne considèrent plus les pays hors OCDE comme des pays incertains non investissables, alors qu’ils ont une croissance généralement élevée et des finances parfois aussi saines que les nôtres.
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Pour qu’un mouvement séculaire vers les obligations non étatiques se développe, encore faut-il qu’il y ait un véritable marché, transparent et liquide pour ces emprunts. On ne pourra pas se contenter indéfiniment du seul marché primaire et de conserver ses positions en « buy and hold ». Le défi lancé en 2009 par l’Af2i dans le cadre du projet « Cassiopée » et sa première traduction dans l’outil NYSE BondMatch de NYSE Euronext sont clairement des précurseurs de ce nouvel environnement. Il est donc primordial que ces plateformes se développent et qu’émetteurs, gérants et investisseurs assurent très rapidement leur succès.
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Investir est une chose, mais des placements longs supposent aussi le développement corrélatif d’une épargne de long terme. Les normes Bâle III et Solvency II ont été conçues sans coordination en oubliant qu’un troisième pilier devait être créé pour, à la fois, compenser les cessions d’actifs rendues nécessaires pour respecter ces normes et prendre le relais dans les investissements nouveaux à réaliser. Ce troisième pilier n’est pas l’apanage de la seule épargne-retraite, mais il devra s’appuyer sur l’expertise des investisseurs institutionnels, seuls qualifiés en matière de savoir-faire en gestion actif/passif de long terme.
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Source : AF2I
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