Concentration : la grosse tendance 2012 ?
La chronique d’Eric Bengel.
Du côté des CGPI, des réseaux et des sociétés de gestion, l’heure semble aux rapprochements.
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Henry Ford disait : «Sé réunir est un début ; rester ensemble un progrès ; travailler ensemble, la réussite.» Voilà plusieurs années que les phénomènes de concentration sont évoqués dans le secteur de la gestion. Pour autant, il faut bien le reconnaître, peu de choses se sont déroulées en France à l’exception de la naissance d’Amundi, fruit du rapprochement des entités de gestion d’actifs de Crédit Agricole et Société Générale. C’était en… janvier 2010.
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Et si cette fois était la bonne ? Tout récemment, le directeur général d’une société de gestion indépendante, dont les encours sont supérieurs à 4 milliards d’euros, me confiait recevoir un à deux dossiers par mois provenant d’autres maisons de gestion cherchant impérativement à s’adosser. Les crises de 2008 et 2011 ont naturellement laissé des traces comptables au sein de ces maisons de gestion pas toujours capables de pouvoir tenir leurs encours. Et, on le sait, le marché de la distribution n’appartient de facto qu’à quelques acteurs – une dizaine tout au plus – qui disposent de forces commerciales particulièrement importantes.
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La France s’illustre avec un dynamisme inédit dans le domaine de la création de sociétés de gestion de portefeuilles. Seulement, rares sont celles qui parviennent réellement à se faire une place dans ce marché délicat de la distribution. Oui, il faut des ressources humaines – si possible, stables -, une marque et avant tout des performances qui puissent se mesurer dans la durée. Les pressions sur les marges que ne manquent pas de mentionner les maisons de gestion rendent ainsi périlleux les exercices comptables lorsque les marchés financiers sont ouvertement baissiers. Depuis des années, certains spécialistes estiment que le marché français se structurera à la manière des pays anglo-saxons : d’un côté des distributeurs, de l’autre des fournisseurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le modèle français semble particulièrement éloigné aujourd’hui de ce schéma. Encore une spécificité nationale ?
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Du côté des distributeurs justement, le rythme semble s’accélérer. Confrontés à une cascade d’obligations réglementaires, bien des conseillers indépendants redoutent les années à venir. Au point qu’ils sont à présent à la recherche d’acquéreurs pour leur structure, refusant de vivre un moment qui se révèlera forcément douloureux : celui de la fin des rétrocessions si jamais le texte venait à s’appliquer. Comme toujours, cette conjoncture favorise les plus ambitieux. Les rapprochements et acquisitions vont bon train, faisant émerger des structures de taille bien plus conséquentes et pilotées par des professionnels ayant une véritable vision entrepreneuriale du métier d’indépendant.
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Il en va de même au sein des réseaux d’assurance par exemple. La mutation du métier d’agent pousse à la fusion des agences, qui s’organisent par la suite en pôles de compétences (prévoyance, collective, patrimoine…). Quelques initiatives lancées en 2011 se révèlent déjà particulièrement performantes.
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C’est ainsi tout le secteur de la gestion de patrimoine qui pourrait être appelé à se redéfinir très prochainement. Un signe de maturité de toute évidence.
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Eric Bengel
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