«Les marchés peuvent-ils résister aux vents contraires ?»
Volatil et toujours sans tendance, le CAC 40 continue d'évoluer dans une fourchette comprise entre 3800 points et 4000 points.
Affectés par des indicateurs économiques, qui, notamment aux Etats-Unis, ont semé le doute sur la vigueur de la reprise, les grands indices européens et internationaux ont perdu en mai l'essentiel du terrain gagné le mois précédent.
Certaines statistiques macro-économiques ont ravivé le spectre d'un ralentissement plus prononcé de la croissance économique mondiale, à l'image de l'indice ISM Manufacturier, reflet du moral des chefs d'entreprises, qui s'est replié à 53,5 en mai, en deçà des attentes et en forte baisse par rapport aux niveaux des mois précédents (60,4 en avril, 61,2 en mars). La publication des chiffres de créations d'emplois, également inférieure au consensus et aux mois précédents, ainsi que la progression du taux de chômage, ont été perçues comme un nouvel avertissement par les marchés. A ces craintes sur l'économie américaine, s'ajoute le doute sur le ralentissement chinois, identifié, là aussi, par un moindre optimisme des industriels et par la baisse récente des ventes automobiles (-0,1% en mai par rapport à mai 2010), leur premier recul depuis plus de deux ans. Enfin, la situation des Etats périphériques en Europe et notamment la nécessité d'un nouveau plan de soutien pour la Grèce, ont relancé les inquiétudes sur la solvabilité de la zone. Cependant, le FMI, l'Union Européenne et la BCE semblent s'orienter vers des propositions qui pourraient satisfaire les différents gouvernements.
Dans ce contexte et après 18 mois d'hésitation, quelle direction prendront les marchés ?
Il nous semble que le ralentissement de la croissance mondiale ne signifie pas recul d'activité. En effet, même en recul par rapport à des niveaux historiquement élevés, nombres d'indicateurs sont encore positifs comme l'indice de confiance des industriels qui reste au-delà de 50, un niveau indiquant un rythme d'expansion de l'activité. D'autant que l'économie mondiale a été affectée, ces deux derniers mois, par des éléments un peu exceptionnels, notamment liés à l'impact de « Fukushima », qui a affecté le commerce mondial et la hausse des matières premières, en partie due au contexte géopolitique, qui a pesé sur le pouvoir d'achat des ménages. Ces deux éléments devraient être moins perturbants pour le reste de l'année. L'activité économique au Japon devrait repartir d'ici cet été avec le programme de reconstruction et les prix des matières premières ont amorcé un mouvement de repli. D'autre part, les discours sur l'incapacité des entreprises à améliorer, de nouveau, leurs marges pour justifier plus de prudence, omettent de signifier, qu'à ce stade du cycle économique, le véritable enjeu réside dans la hausse des chiffres d'affaires permettant aux résultats de s'améliorer.
Face à ces inquiétudes les marchés restent à des niveaux de valorisation extrêmement faibles : les PER sont de 13 fois les bénéfices 2011 pour les Etats-Unis et de 11 fois pour la zone euro. Nous pensons que ces craintes sur la croissance et les bénéfices des entreprises sont excessives sachant que l'environnement de taux reste extrêmement accommodant et devrait le rester tant que l'immobilier américain restera dans une situation difficile.
STRATEGIE D’INVESTISSEMENT
Ce contexte nous incite à maintenir nos positions élevées sur les marchés d'actions. Depuis le début de l'année, les performances des grands indices de la zone euro sont pratiquement stables malgré de nombreux vents contraires. Victimes des incertitudes sur les dettes périphériques, ils ont accusé un retard important depuis 18 mois par rapport au marché américain et par rapport à la progression des bénéfices, qui pourra se corriger dès qu'une solution sera trouvée pour le financement de la dette grecque, sans doute avant le 20 juin. Dès lors, la zone présente une prime de risque qui justifie d'y allouer une partie prépondérante de ces actifs investis en actions, d'autant que les marchés émergents font également face à d'autres risques, notamment de surchauffe, mais avec, par contre, une faible rémunération du risque.
Source : Rothschild & Cie - Didier Bouvignies et Philippe Chaumel, Associés-Gérants
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