Le flash Matières Premières
Après la forte chute du 5 mai et une forte réduction des positions longues des traders, les cours du pétrole se sont stabilisés autour de 112 dollars par baril pour le brent.
Ce niveau réduit à court terme les risques d'impact de prix trop élevés sur la demande. Les chiffres américains de consommation de ces dernières semaines ont fait ressortir une demande baissière par rapport à l'année précédente (-2,9% sur la dernière semaine), ce qui tendrait à confirmer que le prix de l'essence à 4 dollars par gallon (l'équivalent de 0,74 euros par litre) est un seuil psychologique important pour le consommateur américain, même s'il ferait rêver tout consommateur européen. La persistance de l'interruption de la production en Libye (1,3 millions de barils par jour de production arrêtée), et une tendance à l'aggravation des tensions en Syrie (producteur plus marginal à 450 000 barils par jour) justifient cependant le maintien des prix au niveau actuel.
Deux mois après le dramatique tremblement de terre au Japon et ses conséquences sur la centrale nucléaire de Fukushima, l'annonce que le cœur fondu du réacteur a percé la cuve censée servir de rempart, est de nature à accentuer les délais sur les centrales actuellement en construction et à augmenter les coûts liés à la sécurité sur les existantes. Sur ces dernières semaines, le prix spot de l'uranium n'a que peu changé, à 58 dollars/lb (contre 68 dollars/lb avant l'accident) mais la pression devrait s'accentuer sur le prix à long terme (actuellement à 70 dollars/lb). Nous avions précédemment déjà mentionné le gaz naturel comme source d'énergie de choix pour compenser le nucléaire dans le mix énergétique. La société Royal Dutch Shell en fait clairement le pari en annonçant un investissement (non encore chiffré mais qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars) pour développer un projet de FLNG (Floating Liquefied Natural Gas, sorte d'usine flottante permettant de liquéfier le gaz produit offshore et de l'envoyer ensuite par méthanier sur les lieux de consommation).
Le World Gold Council vient de publier les statiques trimestrielles qui font apparaître une demande toujours robuste, en hausse de 11% à 981 tonnes alors que le cours de l'or a été en moyenne 25% plus élevé que lors du premier trimestre 2010. La demande a été particulièrement soutenue dans la bijouterie (+7%) et la demande d'investissement (+26%) qui a été surtout forte dans les pièces et lingots (+52%) alors que les flux sur les ETF ont été négatifs. Les achats des Banques Centrales ont été tout particulièrement importants à 129 tonnes.
Du côté des sociétés, l'évènement majeur de la semaine aura été la mise en bourse (IPO) de la société Glencore, spécialisée dans le trading de matières premières. La société est également productrice de matières premières directement (zinc, charbon thermique, cuivre etc.) ou par l'intermédiaire de participations, notamment les 34% détenus dans Xstrata. En plaçant sur le marché 16,9% de son capital pour un montant de 10 milliards de dollars (la plus importante IPO du marché londonien), la société est valorisée à 59,4 milliards de dollars, ce qui en fait un des acteurs majeurs du secteur. Cependant, malgré un carnet d'ordre couvert à priori à hauteur de 4x, et pas moins de 24 banques impliquées dans l'offre, la première journée de cotation a vu le titre clôturer à 530 pences, soit le prix d'introduction.
Source : EDRAM
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