«Nous sommes comme une fille qui se fait beaucoup draguer»
Propos de Dan Serfaty, le fondateur de Viadeo.
La valorisation de certaines start-up, américaines mais aussi françaises, s’envole. Une vraie folie spéculative, dont voici les conséquences possibles.
Même le patron de Viadeo ne sait plus comment gérer ses contacts”…! «C’est de la folie en ce moment, raconte Dan Serfaty, le fondateur de ce réseau professionnel en ligne. Plein de gestionnaires de fortune m’appellent pour investir dans la société. Un Russe est prêt à mettre 2 millions d’euros sans même nous rencontrer. Nous sommes comme une fille qui se fait beaucoup draguer.» Quand on lui soumet une piste de valorisation de 350 millions d’euros, il sourit. «Ah non, à ce montant-là, je refuse.» Parle t-on bien de Viadeo ? Un site certes en forte croissance, mais dont le chiffre d’affaires, autour de 30 millions d’euros, ne dépasse pas celui d’un gros supermarché de province ?
A dire vrai, Dan Serfaty aurait tort de ne pas en profiter. Depuis quelques mois, les millions pleuvent sur la planète Web. De Facebook à Twitter, en passant par la vedette du coupon de réduction Groupon, les sociétés de la Silicon Valley parviennent à lever des montants colossaux auprès des investisseurs. L’indice du site SharesPost, sorte de Bourse grise des valeurs américaines non cotées, a grimpé de 140% depuis mars 2010 (…).
En France, on n’a pas de roubles, mais on a l’ISF-PME. Ce dispositif, qui permet de déduire de son impôt sur la fortune 50% de ses investissements dans une start-up, a transformé des milliers de particuliers fortunés en business angels débutants. De quoi provoquer quelques bulles sectorielles. «Il y a de gros effets de mode, déplore Cédric Curtil, un autre ancien capital-risqueur de Vivendi. Lors d’une réunion récente, j’ai vu tous les investisseurs se précipiter vers des projets de sites de location entre particuliers qui ne tenaient que sur un PowerPoint, sous prétexte que l’un d’eux, Zilok, a plutôt réussi.» Ce constat rejoint les critiques de Pierre Méchentel, patron du développeur informatique Tubbydev et dézingueur de grosses têtes du Web sur son blog du même nom. «Beaucoup de nos entrepreneurs savent monter un business plan, mais sont infichus d’établir une facture ou un bulletin de paie, bref de gérer une boîte !»
Source : Pour bien comprendre le contexte, l’article complet est disponible sur Capital.
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