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L’ Europe devrait écouter les gérants alternatifs

Plaidoyer dans la presse helvétique pour la gestion alternative.

«Contrairement à  Washington, l’Union Européenne diabolise cette industrie et ignore son message sur l’assainissement indispensable du secteur financier du Vieux Continent et la restructuration de la dette grecque. Un an après le G20 de Pittsburg, les grandes promesses articulées par nos dirigeants sont restées lettre morte. Le bilan est mitigé, à  des lieues de la concorde et de la solution harmonisée claironnées par les communiqués officiels. Il reflète bien les différences de jugement visant les responsables de la crise financière de 2008. Nul doute que les projets de régulation disparates entamés çà  et là  portent en eux les germes des crises à  venir. Les mesures adoptées pour protéger le système des désastres financiers à  venir sont totalement différentes de part et d’autre de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, l’administration Obama a érigé en priorité, voire en raison d’Etat, la nécessité de préserver le système bancaire des risques systémiques et des risques de marchés. Paul Volker n’est pas étranger à  cette approche et, selon lui, ces risques-là  doivent être portés par les acteurs du système financier de l’ombre (ou « shadow banking system ») : les hedge funds et les fonds de capital-risque (private equity). Le shadow banking system, loin d’être une vue de l’esprit, a même un rôle économique fondamental. Il permet à  de nombreuses entreprises qui ne bénéficient pas d’une qualité de crédit suffisante de se financer. En effet, alors que les banques sont occupées à  réduire leur bilan et sont réticentes à  financer ces entreprises, seuls les hedge funds et autres fonds de private equity financent ce pan majeur de l’économie en achetant des obligations convertibles, des obligations pourries (junk bonds), en accordant parfois eux-mêmes des prêts ou en participant aux augmentations de capital. Washington sait qu’il ne doit pas entraver le fonctionnement de ce système parallèle. De plus, celui-ci n’a fait l’objet d’aucune faveur de la part du gouvernement américain lors de la crise. Il a prouvé pour les fonds qui ont survécu à  2008 qu’il était organisé de façon autonome et équipé mieux que n’importe quelle institution financière pour traverser les crises. Si ce système devait faire faillite, les investisseurs qui ont fait confiance aux fonds alternatifs devraient payer la facture. Ce n’est pas la protection de l’investisseur qui est au centre des préoccupations aux Etats-Unis mais la pérennité du système bancaire. Les banques ont failli et le régulateur américain a réalisé bien trop tard que ces banques d’abord considérées comme trop grandes pour faire faillite sont désormais trop grandes pour être secourues. Ainsi, la réduction de leur taille et de leur impact sur l’économie est inéluctable. Ainsi, quand bien même les projets de régulation de l’industrie des fonds alternatifs aux Etats-Unis ne sont pas caducs, leurs effets sur le fonctionnement de ce secteur passeront inaperçus. Ce ne sont pas le reporting du niveau de levier utilisé ou le reporting de la concentration autour de certaines positions qui devraient entraver le mode opératoire des fonds alternatifs. Le projet de régulation des banques est bien plus ambitieux et cohérent. Il marque un retour en arrière par rapport à  l’abrogation du Glass-Steagal Act. Les exigences du gouvernement américain en termes de fonds propres et de tolérance aux risques marchés sont telles que les géants bancaires vont devoir s’astreindre à  un régime minceur sans précédent. La récente annonce de JP Morgan concernant la fermeture d’une table de courtage de matières premières montre bien que l’avenir du « Proprietary Trading » est hors des grandes banques américaines. En Europe, l’enchaînement des événements n’aurait pas pu être fondamentalement différent. En effet, les Etats ont opté sans beaucoup de concertation pour le statu quo en matière de réglementation bancaire. Pas de relèvement des fonds propres, ni d’amortissement des pertes sur les portefeuilles de prêts. Il n’est question de réduire ni le levier de façon significative, ni la prise de risques des super-banques européennes. La Suisse fait une fois de plus figure d’exception avec le programme qu’elle a imposé à  ses banques. Si les banques européennes sont passées à  travers les mailles du filet des autorités, les fonds alternatifs attendent de voir à  quelle sauce ils seront mangés. Les gouvernements européens, pour des raisons politiques, voient les hedge funds comme une menace à  leurs efforts de stabilisation des prix des actifs financiers et de maîtrise de l’information. La diabolisation des hedge funds lors de l’épisode de sauvetage de la Grèce est une preuve de la peur que le spéculateur engendre chez le politicien moyen en Europe. Les fonds alternatifs auront bien des difficultés à  opérer en Europe s’ils continuent à  déplaire aux autorités en place. Le projet de réglementation est toujours en suspens et rien n’est encore décidé, mais ce risque qui vient d’en haut pèse encore sur l’industrie. Il eût été bien plus opportun que Bruxelles écoute et comprenne les avertissements donnés par le marché, au lieu de tenter de plier la réalité du marché à  sa raison d’Etat. En revanche, les autorités financières américaines sont tout à  fait conscientes de la pertinence des messages que plusieurs gérants de hedge funds leur avaient adressés avant la crise en dénonçant les pratiques abusives d’attribution de prêts immobiliers et de titrisation et des éventuelles conséquences. L’Europe continue de faire la sourde oreille aux messages des gestionnaires alternatifs qui considèrent comme incontournable l’assainissement du secteur bancaire européen et la restructuration de la dette grecque.» Source : Le temps – OBB

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