Marché de l'emploi US : l'autre lecture
Les chiffres publiés aux Etats-Unis sont décevants. Mais, Edmond de Rothschild Asset Management en propose une lecture plus attentive.
Les chiffres de l'emploi américain pour le mois de juillet sont une déception mais ils méritent une lecture attentive. La destruction de 131 000 emplois est due principalement au secteur public. Les opérations de recensement se terminant, la fin de ces emplois à temps partiel était attendue tandis que la disparition de 59 000 emplois dans les collectivités locales montre les conséquences de leurs difficultés financières. En revanche, le secteur privé a repris modestement ses recrutements (71 000). La surprise provient du secteur industriel qui a créé 36 000 postes (le meilleur chiffre depuis 1998). Le faible recul mensuel des effectifs du secteur de l'emploi temporaire (5 000) est imputable à la fête nationale du 4 juillet et n'est pas confirmé par les chiffres hebdomadaires publiés depuis. L'évolution des chiffres de l'emploi continue à être en contradiction avec les composantes emploi des indicateurs avancés (même celui des petites entreprises).
De façon plus positive, le nombre d'heures travaillées, celui des heures supplémentaires et la hausse du salaire horaire moyen sont venus corriger la déception du mois précédent. Ces données traduisent un soutien au revenu des ménages et, par extension, aux dépenses de consommation.
Dans ce contexte, la décision de la banque centrale américaine sur son portefeuille obligataire n'est pas surprenante mais elle est surtout symbolique. La question du maintien du portefeuille d'obligations des agences fédérales hypothécaires et de leurs MBS (opérations de titrisation) a été posée depuis la période d'achat de ces titres (achevée le 31 mars 2010) : quel usage la Fed a-t-elle l'intention de faire du montant des remboursements ? La décision de la Fed est de les réinvestir en obligations fédérales mais, en termes pratiques, la question concerne essentiellement le remboursement par anticipation des prêts sous-jacents aux MBS et l'ampleur du réinvestissement n'engage que très modestement (100 milliards de dollars par an) l'action de la Fed. Si le maintien de la taille de son bilan (2,3 trillions de dollars) est une réponse positive aux interrogations touchant la politique monétaire, l'essentiel se joue sur le plan des bilans bancaires. En effet, les banques américaines ont acquis un montant de 120 milliards de dollars en obligations fédérales et en titres des agences hypothécaires depuis le début de l'année (230 milliards en un an), ce qui porte leurs portefeuilles à 1 570 milliards de dollars actuellement (sur un bilan agrégé du secteur de 12 000 milliards). Ces acquisitions des banques compensent la baisse de leurs prêts classiques (faible demande des particuliers et des entreprises), permettent de maintenir une croissance de la masse monétaire et assurent partiellement le financement du déficit public (sur les échéances courtes).
(source : Edram)
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