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Stress tests du secteur bancaire : quelles conséquences ?

Pierre Ciret, économiste chez EdRAM, analyse les résultats obtenus de ces tests, et de leur crédibilité, et donne ses perspectives d'évolution pour le secteur bancaire européen dans les années à  venir.

Les banques européennes et leurs difficultés Le secteur bancaire européen fait face à  trois types de difficultés : • les pertes qui restent à  provisionner sur leur activité traditionnelle de prêts commerciaux après la récession de 2008-2009 ; • les pertes sur les positions sur la dette souveraine européenne, après la dépréciation rapide de la valeur de ces titres dans la crise récente ; • le besoin de refinancement des émissions à  court terme des banques elles-mêmes au cours des deux années à  venir dépasse 1500 milliards d’euros. Qui plus est, le coût de ces refinancements sera lié à  la perception et à  la confiance des investisseurs et affectera marges d’intérêt et rentabilité. Le but des stress tests est de donner une mesure officielle des capacités du secteur à  affronter sur la période 2010-2011 les deux premières de ces difficultés selon plusieurs scénarios. La plus grande transparence est requise sur le plan des hypothèses et des règles sur lesquelles repose la simulation. Les tests sont-ils crédibles ? Dans l’ensemble, la réponse est affirmative. En analysant les comptes de 91 établissements, l’étude couvre 65% du marché bancaire européen. Les hypothèses économiques sont prudentes et retiennent pour le scénario négatif un recul modéré de l’activité européenne. L’exclusion de ce scénario de la faillite d’un Etat est cohérente avec le dispositif européen d’aide (440 milliards d’euros), opérationnel depuis la fi n du mois de juin (même si celui-ci n’a pas encore été testé). L’exigence sur le plan du ratio de capitaux propres (Tier 1) a été fixée à  6%. Le fait d’inclure seulement les positions de trading en dette souveraine (et non pas celles qui sont également présentes au bilan) suscite plus de réserves. Les calculs sur le risque sont limités à  la période 2010-2011 mais la rigueur d’un stress test doit tenir compte du degré de probabilité du remboursement au pair, variable selon les pays. C’est ce qui a été fait pour chaque ligne de dette présente dans les positions de trading, un pourcentage variable de perte potentielle étant pris en compte. Les résultats sont-ils crédibles ? Sur le total de 91, sept banques ressortent avec un résultat négatif mais aucun grand établissement ne figure dans la liste (la plupart présente des ratios voisins de 10%). Cinq banques espagnoles sont présentes, accompagnées d’une banque grecque et d’une banque allemande. Le chiffre apparaît comme le minimum acceptable au regard du sérieux attendu, d’autant que Cajasur fait déjà  l’objet d’une absorption et ne devrait donc pas être incluse et que Hypo Real Estate est en pratique nationalisé. De manière plus contestable, le montant de recapitalisation nécessaire a été estimé à  3,5 milliards d’euros (dont 1,8 pour les établissements espagnols). Les banques en cause sont petites mais le chiffre a de quoi surprendre et il a été sévèrement jugé. Il montre sans doute surtout que les recapitalisations déjà  intervenues ont permis de renforcer le système de manière satisfaisante (Landesbanken telles que WestLB, caisses d’épargne espagnoles). Même les analystes sceptiques reconnaissent l’effort de transparence et d’information ; les conclusions générales des tests sont par conséquent valides. Et maintenant ? Les stress tests ne constituent qu’une étape dans un processus plus large. Bien qu’aucune échéance n’ait été fixée pour les mesures correctrices nécessaires, les régulateurs vont amener les banques à  agir rapidement (présente sur la liste, Agricultural Bank of Greece est sur le point de réaliser une émission). De plus, bien que seules sept banques soient considérées comme potentiellement en risque dans le scénario négatif, elles sont un certain nombre à  être en dessous de 8% de Tier 1 et les régulateurs disposeront, du fait de la publication des stress tests, d’un moyen de pression pour obtenir le renforcement des fonds propres. Un tournant à  confirmer Plutôt que le résultat des tests en tant que tel, c’est la dynamique de la situation qui importe. A l’exemple des Etats-Unis, le secteur européen apparaît largement en mesure de faire face à  une situation plus difficile. La rentabilité actuelle (270 milliards d’euros de bénéfices opérationnels pour les 91 banques en 2009) permet de passer les provisions encore nécessaires. En dehors des opérations de recapitalisations, des émissions seront indispensables pour améliorer les ratios, d’autant que l’évolution du cadre réglementaire (Bâle III, attendu au mois de septembre) va dans ce sens. Enfin, la BCE a montré sa détermination à  assurer la liquidité du système et à  aider au bon fonctionnement du marché interbancaire. La crise de la dette souveraine est entrée dans une phase nouvelle : • le dispositif de stabilisation financière est en place ; • les mesures de redressement prises par les pays les plus en difficulté doivent permettre de contenir la dérive des finances publiques et, à  terme, de l’inverser. En termes de croissance, le coût est élevé pour ces pays (et pour leurs banques) mais la croissance de l’Europe dans son ensemble n’en sera que marginalement affectée. La baisse de l’euro est venue corriger les effets de sa hausse en 2009 et la bonne tenue de l’activité mondiale (sa croissance a été révisée en hausse par le FMI) entraîne celle de l’Europe. Les indicateurs concernant l’Allemagne, la Suède, l’Angleterre, la Suisse et la France montrent que l’économie européenne reste bien orientée, un arrière-plan positif pour les banques (en termes d’activité comme en termes de risque) ; • le résultat essentiel des tests, toute réserve mise à  part, est en définitive d’établir que le risque systémique est très faible en Europe, la BCE étant très attentive. Au-delà  des perspectives immédiates, le secteur devra affronter le changement qui s’annonce dans son modèle économique : réduction du poids de l’activité de banque d’investissement, en liaison avec l’évolution réglementaire, réduction à  terme du levier et moindre demande de financement des entreprises, l’Europe s’orientant vers le modèle américain avec un recours plus grand au marché des capitaux. Les refinancements déjà  évoqués des dettes bancaires devront être menés à  bien. Les changements qui s’annoncent sont autant de raisons d’attendre la poursuite de la recomposition du secteur, les banques les plus solides et les plus rentables absorbant les plus vulnérables. Source: Pierre Ciret, Economiste Edmond de Rothschild Asset Management

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