Etude sur la gestion privée
L'évolution de la banque privée en France selon Norman Alex.
Fin des années 1980/90, le paysage de la banque privée était bien différent de ce que nous connaissons aujourd'hui. Les acteurs étaient moins nombreux, souvent issus de banques de réseaux ou de banques privées
françaises et/ou d'anciens agents de changes, et les organisations commerciales très classiques (où le banquier privé avait un double rôle, celui de gérer les actifs de ses clients et de développer son fonds de commerce lui-même).
Les produits financiers étant moins complexes (titres vifs, FCP, assurance-vie, ....), la réglementation souple, la fiscalité peut être alors moins complexe et la clientèle vieillissante.
Le marché a commencé à changer de manière significative à partir du début des années 2000, et ce pour deux raisons essentielles :
- Les banquiers privés ont pris conscience qu'il fallait se focaliser davantage sur le développement de la clientèle des chefs d'entreprises et des cadres dirigeants,
- Par l'arrivée de nouveaux acteurs, notamment les Suisses (UBS, Crédit Suisse, LODH, Pictet, Mirabaud, Bordier, EFG Gestion Privée,...), les Anglo-saxons (Goldman Sachs, ...) ou encore les belges (Degroof et KBL).
Le premier point s'explique par le demi-million de PME qui seront cédées dans les dix ans à venir, et le deuxième trouve son explication dans une anticipation stratégique des banques privées helvétiques quant à la
disparition à terme du marché "offshore" et du secret bancaire.
On constate ainsi aujourd'hui un accroissement très important du nombre d'acteurs et donc de la concurrence sur le marché. Il est à noter que, malgré la crise actuelle, il n'y a pas de pénurie de clients ; en dix ans, le nombre de grandes fortunes a doublé (selon le rapport annuel de Merrill Lynch/Cap Gemini) ! Leur patrimoine est passé de $ 16,6 à près de $ 30 milliards dans le monde.
En France, ce marché représente plus de 400 000 personnes. L’engouement des banques sur le marché de la gestion privée provient aussi du fait qu'il constitue un marché moins cyclique que celui de la
banque d'affaires et plus rémunérateur que la banque de détail.
Le marché s'est davantage structuré : les transferts d'équipes se sont multipliés, plusieurs établissements bancaires se sont rapprochés (HSBCPrivate-Bank/Eurofin/Banque du Louvre/CCF, ABN-Amro/Banque de
Neuflize), et les spécialistes ont renforcé leurs équipes de banquiers privés seniors ou d'ingénieurs patrimoniaux. Les banques universelles ont par exemple ouvert des agences dédiées à la gestion privée (LCL Banque
Privée à Paris) et en province (Société Général Gestion Privée,…).
La banque d'affaires développe des synergies avec la banque privée (Rothschild & Co, JP Morgan,...) ou encore certaines sociétés de gestion profitent de l'excellente performance de leurs fonds pour se renforcer sur la clientèle privée.
Avec plus de 70% de part de marché, les banques de réseaux en France se taillent la part du lion.
Jérôme Jouanneau Courville, Norman Alex.
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