Un an après l’annonce du « Brexit », faut-il se réjouir ou s’inquiéter pour le Royaume-Uni ?
Le 23 juin 2016, les électeurs britanniques votaient et décidaient de quitter l’Union européenne, déclenchant un véritable vent de panique...de courte durée. Un an après le vote, où en est le Royaume-Uni ? L’analyse de SwissLife AM et de M&G.

« Annoncé il y a un an, le vote britannique en faveur du Brexit n’a pas eu les résultats désastreux attendus sur la deuxième économie de l’Union Européenne. Loin s’en faut » reconnaît Eric Bourguignon, responsable de la gestion taux et crédit chez SwissLife AM.
En effet, « La confiance qui s’était effondrée dans la foulée du vote s’est rétablie avec une célérité surprenante. Le taux de chômage a poursuivi sa décrue et les ventes de détail ont terminé l’année sur des niveaux record. Les entreprises n’ont pas remisé au placard leurs projets d’investissements. Les grandes banques de la City ne se sont pas empressées de déplacer leur siège sur le Continent comme beaucoup le craignaient ».
Cette résistance de l’économie britannique « résulte certainement pour partie de la réactivité de la Banque d’Angleterre qui n’a pas hésité à procéder à une baisse supplémentaire de ses taux directeurs et à relancer son programme d’achats de titres (…) pour faire face au traumatisme du 24 juin » explique Eric Bourguignon, qui évoque également « l’effet stimulant que l’effondrement de la livre sterling a eu sur le secteur exportateur britannique ».
Les problèmes vont apparaître « dans les mois à venir »
Mais si tout semble se dérouler comme si de rien n’était, c’est aussi parce que le Brexit n’a pas encore eu lieu.
« Jusqu’ici préservée, l’économie du Royaume-Uni devrait subir les conséquences du Brexit dans les mois à venir » estime ainsi Eric Bourguignon.
Les indicateurs ont d’ailleurs déjà commencé à se retourner récemment. « Depuis quelques mois les signaux négatifs se multiplient outre-manche. La croissance du premier trimestre 2017 a été divisée par trois comparée à celle des trois trimestres précédents. La production industrielle marque le pas et le prix des maisons connaît, lui aussi, un fort ralentissement » relève le responsable taux et crédit de SwissLife AM.
Pour Jim Leaviss, directeur de l’équipe obligataire chez M&G Investments à Londres, la forte hausse de l’inflation est également « un élément important qui a été mentionné par le Gouverneur de la Bank of England, Mark Carney, dans son dernier discours » et qui préoccupe les économistes.
« L’envolée de l’inflation provoquée par la dépréciation de la livre rogne les revenus des ménages, ce qui pourrait rapidement rejaillir sur la consommation » confirme Eric Bourguignon.
« Enfin, la dissolution ratée de Theresa May met non seulement le pays en position de faiblesse à l’égard de ses partenaires européens, mais elle ouvre également une période d’incertitude politique dont pâtira le climat des affaires » termine-t-il.
Pour la suite, « Beaucoup de choses vont dépendre de la manière dont vont progresser les négociations dans les deux prochaines années, et il est encore trop tôt pour spéculer sur leurs éventuels impacts sur les marchés financiers » conclut Jim Leaviss.
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