Les marchés obligataires font face, eux aussi, à un «Â risque asymétrique »
On le sait : les marchés actions font de nouveau face, avec les élections présidentielles françaises, à un «Â risque asymétrique » en cas de mauvaise surprise politique. Mais pour d’autres raisons, les marchés obligataires se trouvent dans une situation semblable explique le courtier Aurel BGC.

Depuis le vote en faveur du Brexit, les investisseurs sont devenus familiers avec l’expression de « risque asymétrique », situation dans laquelle les marchés peuvent avec une probabilité élevée progresser légèrement, et avec une probabilité plus faible perdre beaucoup. Pour le courtier Aurel BGC, c’est exactement dans cette situation que se trouvent actuellement les marchés obligataires.
Aux États-Unis comme en Europe, la hausse des taux observée fin 2016, juste après l’élection de Donald Trump, connaît un coup d’arrêt depuis plusieurs mois. Les taux à 10 ans sont globalement stables depuis le 1er janvier : l’attentisme semble de mise.
Les taux toujours tiraillés entre deux scénarios opposés
Malgré ce calme apparent, les marchés obligataires restent tiraillés entre deux scénarios très opposés : d’un côté un véritable retour de l’inflation aux États-Unis comme en Europe, qui devrait se traduire par des taux beaucoup plus élevés que ceux actuellement observés sur les marchés, et de l’autre un risque de retour en force du risque déflationniste en cas de déception relative aux promesses de Donald Trump.
Pour les économistes d'Aurel BGC, « Compte-tenu des anticipations d’inflation inscrites sur le marché obligataire et des niveaux encore très bas des rendements obligataires réels, le risque est asymétrique pour les prochains mois. En cas de dégradation de la conjoncture et de baisse supplémentaire de l’inflation, le potentiel de rebond du marché obligataire semble limité. En revanche, si les prochaines statistiques venaient corroborer le message des enquêtes de conjoncture, une brutale remontée des rendements obligataires serait à craindre ».
Le risque d’une brutale remontée des taux est toujours présent
Le risque d’une brutale remontée des taux a été évoqué par plusieurs sociétés de gestion au cours des derniers mois. Aurel BGC estime pour sa part que « Ce mouvement [s’il devait se produire] serait plus brutal aux États-Unis qu’en Allemagne », notamment du fait que le "quantitative easing" de la BCE devrait empêcher les taux de remonter trop fortement sur les marchés obligataires d’ici la fin de l’année 2017.
Néanmoins, après cette date, et en fonction de ce que décidera la BCE, le risque d’une nette remontée des taux en Europe reste important. « Les taux réels apparents, à 5 et 10 ans, restent aujourd’hui très négatifs dans la zone euro » explique Aurel BGC, alors que l’inflation en zone euro a récemment atteint 2%. Le potentiel de remontée des taux est donc encore important en Europe.
Aux États-Unis également, le potentiel de remontée des taux reste élevé : « Les taux d’intérêt n’ont pas franchement réagi à l’information selon laquelle les banquiers centraux américains ont entamé d’intenses réflexion sur la diminution progressive de la taille de leur bilan » observe Aurel BGC. Cette normalisation du bilan de la Fed ne serait pourtant pas sans incidence sur les marchés de taux.
Le sujet restera attentivement suivi dans les prochains mois par tous les professionnels de la finance.
Copyright H24 Finance. Tous droits réservés.
Autres articles
Voir tous les articlesInterviews
L'interview "décalée H24" de Maxime Gohin (Capital Management France)....
Publié le 30 octobre 2025
Vidéos
GEAR : un fonds Long Short indépendant des marchés....
Publié le 20 octobre 2025
Vidéos
Le climat, nouveau critère décisif pour les investisseurs....
Publié le 05 octobre 2025