« Peut-être qu'il faudrait vendre maintenant » explique le PDG de la plus de grande société de gestion au monde...
Depuis quelques jours, les plus grandes sociétés de gestion abandonnent le discours « croissance, reflation, investissement en actions » qui prévalait depuis trois mois et commencent à envisager des scénarios plus sombres pour les prochains mois.

Serait-ce déjà la fin des faux espoirs ? Après trois mois de fort optimisme boursier autour de l’idée que « Trump va ramener de la croissance dans le monde malgré son anticonformisme », les plus grandes sociétés de gestion commencent à changer de discours.
Larry Fink, PDG de BlackRock, a ainsi déclaré lors d’une conférence organisée mercredi par Yahoo Finance : « Je suis beaucoup plus inquiet au sujet du monde et du niveau des marchés actions que ce que pense le consensus aujourd'hui » (traduit par Capital.fr), visant notamment le niveau de l’indice S&P 500.
Au sujet de la conjoncture des marchés, « Je vois beaucoup de nuages sombres » a-t-il ajouté. « Peut-être qu'il faudrait vendre maintenant ». Selon lui, « On vit dans un monde bipolaire » où les chefs d’entreprise affichent un discours résolument optimiste tout en restant frileux à l’idée d’investir davantage, faute de certitudes.
Un tel discours n’est pas anodin de la part du PDG de la première société de gestion au monde, qui gère désormais plus de 5000 milliards de dollars.
CPR AM envisage deux scénarios noirs à horizon 3 mois
La même inflexion s’observe dans le discours des grandes sociétés de gestion françaises.
Nous partagions hier le point de vue toujours très prudent de BNP Paribas IP sur les perspectives des marchés actions et du high yield américain.
Une certaine prudence est également affichée par CPR AM dans sa lettre mensuelle publiée vendredi 10 février.
La société de gestion privilégie toujours un scénario d'accélération de la croissance en Europe sous l’effet de la dynamique américaine. Néanmoins, même en cas de réalisation de ce scénario « central », la société de gestion n’anticipe une progression du S&P500 que de 2,50% à horizon 3 mois, soulignant que « la hausse s’essouffle » sur les marchés.
À l’inverse, dans le principal scénario alternatif envisagé par CPR AM, où l’on assisterait à une recrudescence de tensions dues aux déclarations imprévisibles de Donald Trump, la société de gestion s’attend à ce que les marchés américains et européens dévissent de 10% dans les 3 prochains mois.
Dans le cas d’une aggravation des risques en Europe (banques italiennes, élections), la société envisage une baisse de 12,5% des marchés européens.
CPR AM réduit ainsi sa surexposition aux actions européennes et sous-pondère clairement les obligations de la zone euro affectées par la remontée des taux longs liée à la reprise de l’inflation.
« Nous sommes arrivés aujourd’hui à une situation pour le moins paradoxale dans laquelle le stress sur le marché financier est au plus bas alors même que l’incertitude politique n’a jamais été aussi forte » commente la société de gestion.
« La politique reste donc au centre de nos espoirs et de nos inquiétudes pour ce début d’année 2017 (…). Les "tweetorders" de Trump pourraient ne pas rencontrer le succès escompté et entrainer un surcroit de tension globale ».
Pour en savoir plus sur CPR AM, cliquez ici.
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