Pourquoi la gestion alternative monte en puissance dans la multigestion...
Réponse avec Pierre Bermond, d'EOS Allocations, société de conseil en allocation d’actifs
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Nous avions écrit un article il y a quelques mois relatant la montée en puissance de la gestion alternative dans les contrats d’assurance vie face à la faiblesse des taux et face à la cherté relative des marchés actions.
Ce mouvement continue et prend de l’ampleur tant en quantité (soft close ou hard close de plusieurs fonds long/short actions) qu’en qualité (nouvelles stratégies). C’est sur ce dernier point que nous voulions insister.
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De longue date on trouve dans les contrats des fonds long/short actions dont les conseillers ont l’habitude à l’instar des fonds de performance absolue de DNCA (Miuri, Miura, Velador), d’Exane (gamme Pleiade), de Sycomore, de Moneta ou encore de BDL.
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On trouve également de la gestion alternative type « global macro », c’est-à -dire une stratégie fondée sur une analyse globale des grands agrégats macro-économiques ayant pour objectif de profiter des opportunités d'arbitrage et des tendances sur l'ensemble des classes d'actifs. Dans cette catégorie on trouve H2O, JPM Global Macro Opportunities et dans une moindre mesure Carmignac Patrimoine.
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Mais de nouvelles stratégies arrivent dans les contrats et sont poussées par les sociétés de gestion.
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La stratégie CTA ou « managed futures » revient avec notamment Echiquier QME. Les CTA sont des fonds suiveurs de tendance. Lorsqu’une tendance claire se dégage, ils la suivent et engrangent de la performance. L’avantage est que si une tendance de baisse claire se dessine, ils peuvent aussi faire de la performance (cf. la performance positive de la stratégie en 2008). Ces stratégies ont donc une corrélation très faible avec les autres classes d’actifs. A l’inverse un marché en taule ondulée, sans tendance, sera négatif pour la stratégie.
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Même si de nombreux observateurs n’aiment pas ces stratégies car trop « boite noire » à leurs yeux, elles ne sont pas si complexes. Elles reposent avant tout sur des indicateurs de momentum type croisement de moyennes mobiles ou cassures de tendance. La complexité réside dans le nombre de positions car ce type de stratégie à l’instar d’Echiquier QME traite sur des dizaines de marchés différents (actions, taux, devises…) et sur des temporalités différentes (heure, jour, mois…). Le principal risque de ces stratégies est le risque de modèle puisqu’elles se fondent bien sur un modèle quantitatif. Les gérants de QME mettent justement en avant ce contrôle des risques (stress tests, gestion du risque de sur optimisation…).
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On trouve aussi les stratégies de primes de risque qui ont le vent en poupe en ce moment. L’idée est que l’alpha, i.e. la surperformance telle qu’on l’entend de manière classique n’existe pas. Le gérant sur performant s’est juste exposé à des primes de risque (momentum, value versus croissance, prime de liquidité, de portage…) payantes. Partant de ce principe, le gérant alternatif essaie de s’exposer à ses primes via des arbitrages (positions long/short), l’exposition au marché (beta) devant être la plus faible possible. Le modèle est quantitatif.
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Au-delà du charabia financier, ces gérants à l’instar du fonds de La Française Investment Solutions, LFIS Premia, reconstituent au sein des sociétés de gestion les stratégies de trading qui sont maintenant impossibles (réglementation) dans les banques. Ce n’est pas un hasard si l’essentiel de l’équipe de gestion de LFIS Premia vient des salles de marchés. Comme pour les CTA, ces stratégies sont très décorrélantes et donc intéressantes pour une construction de portefeuille.
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A noter que ces stratégies arrivent dans les contrats d’assurance vie sous un format UCITS plus contraignant que le format FIA sous lequel elles ont vu le jour. Globalement retenons que la différence essentielle entre le format UCITS et FIA est la non utilisation de la classe d’actifs matières premières par le format UCITS.
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EOS Allocations est une société de conseil en allocation d’actifs dirigée par Pierre Bermond. Elle intervient auprès des conseillers en gestion de patrimoine pour les aider sur le conseil autant de manière opérationnelle, que réglementaire (justification d’arbitrages, allocation d’actifs réelle…), cliquez ici pour en savoir plus
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