Les marchés actions, bientôt un monopole des banques centrales ?
L’intervention massive et prolongée des banques centrales sur les marchés a fait de certaines d’entre elles des actionnaires incontournables. Une situation d’autant plus surprenante que celle-ci va à l’encontre de la logique des marchés selon Bernard Aybran (Invesco AM).

« Sur le marché actions, la Banque Centrale du Japon est devenue le principal actionnaire d’un quart des grandes capitalisations nationales. Quant à la Banque Nationale de Suisse, elle détient désormais plus d’actions Facebook que Mark Zuckerberg » indique Bernard Aybran, Directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management, dans une note diffusée jeudi 1er septembre, reprenant des informations citées dans la presse en début de semaine.
« Si l’appropriation collective des moyens de production n’est plus en vogue, celle des sources de financement semble constituer l’avenir des économies capitalistes » ironise le gérant.
Soulignant l’évident risque de bulle provoqué par une telle situation, Bernard Aybran précise que « plusieurs des principales Banques Centrales ont poursuivi, voire amplifié, leurs achats (…), parfois dans des montants tels qu’elles se sont vues contraintes de payer des primes significatives aux vendeurs de ces titres ».
La Banque du Japon va devenir l’actionnaire principal de 20% des entreprises du Nikkei
La Banque du Japon (BoJ) achète en effet régulièrement des parts d’entreprises japonaises à travers l’achat d’ETF dans le cadre de son plan de « quantitative easing ». Ce même phénomène n’existe pas avec le plan de rachats d’actifs de la BCE, qui n’achète quant à elle que des actifs du marché obligataire.
La Banque Nationale de Suisse ne pratique quant à elle pas de plan de « quantitative easing ». C’est dans le cadre de l’investissement de ses réserves de change que la BNS achète des actions étrangères, pour des montants colossaux.
Le 22 août dernier, le Financial Times ironisait sur le même sujet, évoquant une « nationalisation du Nikkei » par la Banque du Japon. La Banque Centrale n’est pas l’Etat, mais reste une institution publique.
La semaine précédente, Bloomberg rappelait que la Banque centrale japonaise détenait 60% des parts d’ETF japonais à fin juin 2016. Selon la même source, en poursuivant le rythme actuel de ses achats, la BoJ devrait devenir à la fin de l’année 2016 le premier actionnaire de 55 des 225 compagnies listées dans l’indice Nikkei.
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