« Je prévois au mieux un plafonnement des cours » explique ce gérant star...
"Un simple jeu" par Bill Gross, gérant chez Janus Capital

Si seulement les directeurs et les Présidents de la Fed avaient de meilleures notions en Monopoly, et s’ils étaient un peu moins calés sur les modèles historiques et obsolètes comme la règle de Taylor et la courbe de Phillips, alors notre économie et ses perspectives futures seraient peut-être en meilleure forme.
Ce qui ne veut pas dire que le Monopoly peut faire toute la lumière sur les problèmes liés à notre stagnation économique.
Le Brexit et l’essor des mouvements populistes montrent clairement que la possibilité d’une dé-mondialisation (moins de commerce, d’immigration et de croissance économique) joue un rôle.
Les éléments structurels que je mentionne depuis 2009 dans ma thèse de la Nouvelle Normalité ont également un rôle significatif à jouer : population vieillissante, dette excessive, et avancées technologiques – y compris la robotisation destructrice d’emplois, sont responsables d’une croissance réelle du PIB américain qui plafonne à 2%, au lieu des 4-5% de la dernière décennie.
Mais tous ces éléments ne sont que des propriétés sur un paysage économique global qui est particulièrement bien symbolisé par un jeu de Monopoly.
Dans ce jeu, les capitalistes se déplacent autour de la planche, achètent des biens immobiliers, payent des loyers, et surtout passent par la case Départ et récoltent 200$ à chaque tour.
Et c’est cette somme de 200$ de liquidités (correspondant dans le contexte économique à du nouveau « crédit ») qui est responsable de la santé de notre économie financière.
Sans nouveau crédit, la croissance économique s’inverse et les « faillites » des joueurs deviennent plus probables.
Mais retournons au début du jeu, au moment où les banques distribuent les billets et les joueurs jettent leurs premiers dés.
La banque – qui n’est pas la banque centrale, mais le système bancaire privé – distribue 1500 $ à chacun.
L’objectif est d’acquérir des biens immobiliers à un bon prix et de développer son patrimoine par l’achat de maisons et d’hôtels.
Mais le joueur doit disposer d’une réserve de liquidités au cas où il ou elle tombe sur les rues des autres joueurs et doit leur verser un loyer.
Donc il arrive un moment où le processus de développement économique, représenté par la construction de maisons et d’hôtels, ralentit.
On ne peut pas continuer à acheter des maisons si l’on sait que l’on va devoir payer des loyers aux autres joueurs.
Vous aurez besoin de cash ou de « crédit » et vous avez déjà dépensé une grande partie de vos 1500 $ en achetant des biens.
Dans une certaine mesure, la croissance peut se poursuivre pour tous les joueurs mais à un rythme plus lent – l’économie décélère car les joueurs ont plus de levier, mais elle continue à progresser grâce aux 200 $ que chacun reçoit en passant par la case Départ.
Mais c’est là que le bât blesse.
Au Monopoly, le crédit de 200 $ ne change jamais.
Le montant est toujours le même.
Si les règles ou le système autorisaient une augmentation à 400 $ ou même à 1000 $, alors les joueurs pourraient continuer à construire et à faire croître l’économie, sans risque de crise de liquidité ou de crédit.
Mais ce n’est pas le cas.
Le règles qui fixent la somme de la case Départ à 200 $ garantissent qu’à un moment donné, le joueur qui n’a pas fait d’achats judicieux ou qui n’a pas gardé suffisamment de liquidités finira par sombrer.
Les faillites commencent.
Le jeu de Monopoly, qui au début était si enivrant grâce à ses 1500 $ et à ses 200 $ réguliers qui assuraient l’accumulation d’actifs et la croissance économique, devient soudain plus menaçant et compétitif.
C’est maintenant le moment du « chacun pour soi » – sachant que certains des joueurs ne survivront pas.
(…) Je prévois au mieux un plafonnement des cours sur les actifs risqués (actions, obligations high-yield, private equity, immobilier) et au pire, des performances négatives en fin d’année.
Ces déceptions doucheront les espoirs d’investisseurs pensant encore pouvoir générer des performances en ligne avec les niveaux historiques.
Aujourd’hui, il vaut mieux penser au retour « de » votre argent plutôt qu’au retour « sur » votre argent.
Notre économie « Monopolystique » requiert de la création de crédit ; or si celle-ci reste faible, les futurs perdants seront de plus en plus nombreux.
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