Carmignac Emergents analysé par Morningstar
Les résultats de Simon Pickard sur le fonds sont d’autant plus encourageants qu’il est confronté à des frais très élevés.
Simon Pickard a pris la direction du fonds en septembre 2008. Il avait précédemment géré pour le groupe des fonds d’actions européennes de 2000 à 2005. Il s’agit donc ici de son premier mandat sur l’univers des marchés émergents. Nous préférons généralement des gérants avec plus d’expérience sur les classes d’actifs dont ils ont la charge. Nous pensons néanmoins que chez Carmignac Gestion, le gérant peut compter sur la solide équipe d’analystes et de gérants, qui directement ou non, ont tous bâti une expertise sur ces marchés.
A son arrivée, Pickard avait significativement restructuré le portefeuille. Il avait décidé dans un premier temps de rééquilibrer le portefeuille d’un point de vue sectoriel afin de réduire structurellement son risque. Ainsi, environ un tiers du portefeuille est en permanence investi désormais sur des secteurs considérés comme plus défensifs tels que les biens de consommation courante. Ces derniers représentent 21,7% des actifs du fonds à fin mai 2010, soit près de deux fois la moyenne de la catégorie. En parallèle, il avait soldé les positions les moins liquides du fonds, qui avaient nui à la performance en 2007 et 2008. Le fonds n’a donc plus vocation à être significativement exposé aux petites capitalisations, ce qui nous semble d’autant plus sage compte tenu de sa taille. Avec 1,7 milliards d’euros sous gestion à fin juin 2010, Pickard veille en effet à assurer la liquidité du fonds.
La construction du portefeuille repose sur la sélection de titres mais intègre également les perspectives macroéconomiques de l’équipe. Le positionnement du fonds reflète donc bien les vues actuelles de la société : le poids des ressources naturelles a par exemple été diminué pour tenir compte du ralentissement en Europe et aux Etats-Unis tandis que l’exposition à l’or a été renforcée pour se prémunir contre le risque identifié par l’équipe de dépréciation sur la plupart des devises occidentales.
Sans être spectaculaires, les résultats obtenus par Pickard depuis son arrivée sont à notre avis tout à fait honorables. De septembre 2008 à juin 2010, il a surperformé la moyenne de la catégorie de 2,55% en rythme annualisé. La performance est en outre cohérente avec le repositionnement du portefeuille : le volet défensif a coûté en 2009 mais a montré toute sa pertinence au cours du premier semestre 2010. Sur cette période, le fonds s’est par ailleurs globalement montré moins volatil que ses pairs, un attribut qui nous semble appréciable compte tenu des risques intrinsèques historiquement rencontrés sur les marchés émergents.
En plus de l’expérience encore assez limitée du gérant sur la classe d’actifs, le fonds souffre de notre point de vue d’un handicap important qui nous empêche d’avoir une plus forte conviction à ce stade. Des commissions de mouvement sont prélevées sur chaque transaction et alourdissent considérablement la facture réglée par les investisseurs. En 2009, le total des frais sur encours s’est ainsi élevé à 2,7%, faisant du fonds l’un des plus chers de la catégorie. Il reste noté Standard.
Source: Thomas Lancereau, Analyste Morningstar
Autres articles
Voir tous les articlesProduits
Top Collecte OPCVM de ce début d'année chez...
INTENCIAL Patrimoine révèle les fonds ayant réalisé la meilleure collecte en banque sur le mois de janvier.
Publié le 02 mars 2026
Produits
Elle a investi 500 M€ dans 22 fonds gérés par 17 sociétés différentes...
Publié le 24 février 2026
Produits
Les meilleurs fonds à choisir pour investir sur les tendances de demain...
Extrait du magazine Challenges de cette semaine.
Publié le 20 février 2026