« A quoi reconnaît-on un bon gérant ? »
Quartier Libre pour Aurèle Storno, gérant du fonds Lombard Odier All Roads et Frédéric Lorenzini
Frédéric Lorenzini : Les Etats-Unis sont-ils réellement repartis de l’avant ?
Aurèle Storno : J’en doute. Ils se sont mieux sortis des problèmes que d’autres mais tout le monde n’y participe pas équitablement, la situation demeure fragile aux Etats-Unis.
FL : La BCE peut-elle être aussi offensive que la FED ?
AS : La réponse habituelle que je partage : politiquement elle a plus de monde à convaincre, même s’il semble que Mario Draghi soit très déterminé.
FL : Faiblesses des cours des matières premières, bonne ou mauvaise nouvelle ?
AS : Depuis des années je pense qu’il n’est pas normal que les prix des matières premières baissent alors même que certains disent que la croissance est de retour. C’est une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat, mais je ne crois pas que le PIB mondial gagne beaucoup grâce à la baisse du pétrole.
FL : Où investir dans l’univers obligataire ?
AS : Plutôt aux Etats-Unis, sur des durations longues ; avec les taux courts on n’est pas payé grand chose.
FL : A quelle périodicité on règle l’allocation d’un fonds ?
AS : Le rebalancement à date fixe n’a pas de sens. Comment être systématique et souple en même temps ? En réalité, c’est le risque qui fait bouger l’allocation, 2 fois par semaine ou 1 fois par trimestre, cela dépend des conditions de marchés. Ceci étant dit, il faut essayer de ne pas céder aux mouvements de panique.
FL : A quoi reconnait-on un bon gérant ?
AS : A une bonne dose d’humilité et d’endurance. Et à ses performances dans la durée.
FL : Une pépite ?
AS : Je ne sélectionne pas de titres, mais je pense que certaines primes de risque alternatives doivent être reconsidérées d’un œil nouveau : le long/short, le momentum, etc qui sont encore confinées dans l’univers des hedge funds.
FL : La classe d’actifs où il ne faut surtout pas investir ?
AS : Il n’y en a pas, il faut tout le temps investir partout, la question c’est le dosage et le suivi.
FL : Le plus grand risque pour un investisseur ?
AS : Changer d’avis, ne pas tenir le cap ; ce qui ne veut pas dire être têtu.
FL : Votre plus grosse paume, à titre personnel ?
AS : A une période j’ai investi dans des petites mines d’or… Ce n’était pas sérieux, c’est un thème dangereux.
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