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Les épargnants sont "sur une broche à  rôtir, à  se faire cuire vivants, lentement" analyse ce fameux gérant...

"Zéro, ce héros ?" par Bill Gross, gérant chez Janus Capital.

 

 

Ainsi, la Fed a choisi de repousser encore à  plus tard son objectif de normalisation des taux d’intérêt ; la BCE gère la menace d’une extension de son programme de QE avec de nouveaux tests et des taux d’intérêt négatifs ; et les membres de la communauté financière se demandent combien de temps tout ceci pourra encore durer.

 

Encore longtemps je présume, du moins si l’on se fie aux expériences passées.



(...) Aux Etats-Unis, le cycle récent le plus répressif s’est déroulé entre 1930 et 1979 : pendant près d’un demi-siècle, les investisseurs ont été rémunérés avec un taux moyen de 1,5%, tandis que leur capital s’érodait en raison de l’inflation. C’était le cauchemar des épargnants.

 

(...) . Il semblerait en effet que les taux d’intérêt faibles ou nuls soient une véritable aubaine pour les prix des actifs, et qu’ils permettent même, pour un temps, de stabiliser les économies réelles.

 

Mais ces taux zéro viennent avec un certain bagage, et celui-ci devient de plus en plus lourd au fur et à  mesure que les taux nuls ou très faibles deviennent la norme.

 

(...) le fait est que les taux de 0% -0,25%, ou très bas comme dans d’autres pays, permettent peut-être à  l’économie de garder sa tête hors de l’eau, mais ils ont également l’effet d’un poids ou d’un « plomb » économique, qui finit par freiner également la croissance économique.

 

(...) il faudrait quelques lignes dans un manuel d’économie, ou quelques minutes dans la réunion d’une banque centrale, pour reconnaître l’influence destructrice des taux zéro à  moyen et plus long terme

 

Pourquoi donc ? Parce que les taux zéro détruisent la fonction « épargne » du capitalisme, qui est une composante essentielle et synchrone de l’investissement.

 

(...) Mais surtout, « Zéro » détruit les modèles économiques existants, comme les bilans des compagnies d’assurance-vie et des fonds de pension, qui sont à  leur tour sensés utiliser leurs gains pour verser des prestations à  une génération de baby-boomers vieillissants.

 

Ces montants de passif étaient basés sur l’hypothèse qu’un portefeuille équilibré, composé d’actions et d’obligations, pourrait générer un rendement de 7 à  8% dans une optique de long-terme.

 

Mais avec des obligations privées qui offrent un rendement de 2-3%, il semble clair que pour continuer à  financer les frais de santé, les retraites et les prestations d’assurance, les actions vont devoir s’apprécier de 10% par an pour répondre à  cet objectif. Ce qui est bien au-delà  de ce que peuvent imaginer les comptables et les actuaires...

 

(...) C’est vrai que le monde développé commence à  tourner à  vide car les investissements, amortis à  des niveaux proches de zéro sur un horizon de moyen-terme, ne sont pas en mesure de fournir les flux de trésorerie ou les gains en capital suffisants pour financer les promesses passées d’une société vieillissante.

 

Et n’allez pas penser que ces pauvres sociétés d’assurance, ainsi que les fonds de pension gigantesques dont les encours se comptent en centaines de milliards, sont les seuls perdants dans l’affaire.

 

(...) Les épargnants, qui comptent sur des rendements de 8 à  10% pour couvrir les frais de scolarité de leurs enfants, leurs dépenses de santé, leur retraite ou tout simplement pour prendre un congé exceptionnel, auront beaucoup de mal à  y parvenir tant que les taux courts restent à  zéro.

 

Je dirais même qu’ils ne sont pas tant « dans le pétrin » que sur une broche à  rôtir, à  se faire cuire vivants, lentement, pendant que les banquiers centraux lorgnent leurs modèles de Taylor et luttent contre une inflation inexistante.

 

Mon conseil à  ces derniers : quittez le zéro, et faites vite !

 

Est-ce que des taux directeurs à  2% pèseront sur les entreprises américaines, qui ont déjà  étalé leur dette ? Oui, un peu.

 

Est-ce que les cours des actions et des obligations vont baisser ? Très certainement.

 

(...) Des moments difficiles à  court-terme ? Oui.


Des gains sur le long-terme ? C’est quasiment certain.

 

Quittez maintenant les taux zéro !

 

William H.Gross

 

Pour lire la lettre complète de Bill Gross, cliquer ici

 

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