La dernière lettre d'Edouard Carmignac avant les vacances...
Madame, Monsieur,
Les spectaculaires rebondissements du tragique feuilleton grec ne doivent pas nous faire oublier des drames majeurs.
En sept ans, de 2007 à 2014, l’endettement de la France est passé de 215% à 275% du produit national, tandis qu’il s’alourdissait en Italie de 210% à 255%.
La fragilisation de la construction européenne par la dégradation de la solvabilité de la plupart des pays membres n’a pas été prise véritablement en compte par les marchés.
Super Mario veille. La politique monétaire éclairée conduite par la BCE depuis l’été 2012 visant à assurer la « convergence » des crédits de l’ensemble des pays européens s’est avérée à ce jour remarquablement efficace.
L’impasse grecque fera-t-elle office de révélateur ?
Mario Draghi continuera à faire de son mieux pour réduire l’effet de contagion par une éventuelle accélération de son programme d’achat de dettes souveraines, mais il ne saurait à lui seul remédier aux carences de la gouvernance européenne.
Comme je le préconisais dans ma lettre de janvier dernier, « à crises majeures, il convient d’administrer des remèdes majeurs.
Le temps me semble venu pour que les États en surplus budgétaire, conduits par l’Allemagne, s’engagent à mener un programme pluriannuel conséquent d’investissements publics en contrepartie duquel des engagements précis de réformes seraient pris par les pays dont les déficits publics et l’asphyxie fiscale brident l’activité.
Si elle n’est que monétaire, l’Union européenne est condamnée.
Il est temps que nos gouvernants s’en convainquent.
En attendant, les investisseurs resteront sur la réserve et se tourneront vers des horizons plus prometteurs ».
C’est notre cas. Notre exposition en actions fait une large part aux valeurs américaines de technologie et de biotechnologie, à des sociétés indiennes et chinoises à forte croissance, tandis que nos investissements en Europe sont concentrés sur des sociétés exportatrices, leaders dans leurs domaines d’activité.
En vous souhaitant des vacances excellentes, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération choisie.
Edouard Carmignac, Président Directeur Général
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