Faut-il vendre les obligations allemandes ? Une réponse qui ne vient pas de Bill Gross...
Les taux souverains allemands ont été presque multipliés par 10 sur le 10 ans en quelques jours. En d’autres temps, un mouvement de cette ampleur aurait provoqué un krach obligataire. Les politiques de taux zéro menées par les banques centrales ont permis de « limiter la casse » à quelques 50bp, soit malgré tout près de 4% de pertes par rapport aux plus hauts sur les obligations à 10 ans et à 14% de sur les obligations à 30 ans.
Pourquoi une correction aussi violente ?
D’abord, ce mouvement a été vraisemblablement déclenché par un débouclement de positions - ici prises de profit - de stratégies d’investissement liées au QE, consistant pour des investisseurs américains, par exemple, à déboucler leurs achats d’obligations européennes et leur protection contre la baisse de l’euro.
Il nous apparaissait que, depuis quelques mois, le marché était trop complaisant, en poussant les taux sur des niveaux d’autant plus insoutenables qu’ils étaient inférieurs au taux de dépôt.
L’amélioration des conditions macro économiques en zone Euro et l’impérieuse nécessité pour la FED de retrouver des marges de manœuvre en cas de décélération future de la croissance américaine nous rappellent que, même si les taux peuvent rester bas encore quelques mois, l’orientation future est à la hausse.
Néanmoins, le mouvement actuel devrait être contenu par des forces de rappel techniques fortes, liées aux achats de la BCE.
Rappelons que les excédents de liquidité vont continuer à augmenter - ils sont aujourd’hui à 297 milliards : les maturités courtes ne peuvent donc s’écarter fortement.
Favoriser les actions et continuer les stratégies de couvertures
Les actions européennes restent notre vecteur d’investissement privilégié, même s’il conviendra de surveiller les 3 moteurs qui ont alimenté la forte hausse des derniers mois : baisse de l’euro, du pétrole et des taux.
Force est de constater que le mouvement récent s’est inversé sur ces 3 paramètres. Temporairement.
Il faut donc ajouter aux actions une classe d’actifs complémentaire : la volatilité.
Sur les taux, elle nous parait fortement décotée.
On peut ainsi acheter de la volatilité à 4% sur les taux allemands 10 ans.
Pour les non spécialistes, la journée du 29 avril a matérialisé une volatilité d’environ 16%.
Il y a donc de la place pour « réaliser » une volatilité supérieure au prix acheté.
On utilisera les futures et options sur futures pour mettre en oeuvre ce type de stratégie.
Elles restent relativement complexes, nous encourageons les investisseurs à utiliser des fonds plutôt que d’essayer de le mettre en place eux-mêmes.
Si « opportunity of a life time » il y a, elle réside plus sereinement dans l’achat d’options de taux que dans la vente sèche d’obligations allemandes sur ces niveaux.
Nicolas Chaput, CEO & co-CIO Oddo AM
Laurent Denize, co-CIO Oddo AM
- Oddo Patrimoine : + 9,40% YTD
- Oddo ProActif Europe : + 12,16% YTD
- Oddo Optimal Income : + 5,31% YTD
- Oddo Avenir Europe : + 18,98% YTD
- Oddo Génération : + 19,26% YTD
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