« Pourquoi les investisseurs acceptent-ils des taux négatifs alors qu’ils pourraient détenir des liquidités ? »
Réponse avec Richard Woolnough, Gérant de M&G Optimal Income : "Débat sur les rendements zéro : les taux négatifs constituent-ils un durcissement de la politique monétaire ?"
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Les billets récents de Matt et James (cliquer ici pour lire l'article Bond Vigilantes) ont évoqué certains des problèmes des marchés en présence de taux négatifs.
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À l’évidence, il ne s’agit plus simplement d’un débat théorique.
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Les implications pour les investisseurs sont bien réelles.
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Pourquoi les investisseurs acceptent-ils des taux négatifs alors qu’ils pourraient détenir des liquidités ?
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Si l’on récapitule en prenant l’exemple du franc suisse, d’un point de vue économique, un épargnant n’a pas intérêt à déposer un billet en franc suisse sur un compte bancaire offrant un rendement négatif, car il perdra de la valeur jusqu’à son retrait, en raison des taux négatifs.
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Toutefois, la possession d’espèces comporte des risques, car elle n’offre pas la sécurité d’un compte bancaire (paiement à partir d’un coffre-fort électronique).
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Un coffre-fort à l’ancienne n’est pas aussi pratique qu’un compte bancaire, mais s’impose de plus en plus comme un choix logique à mesure que les taux plongent.
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Cette demande d’actifs matériels (au lieu de chiffres sur un écran) ne se limite pas au compte à vue.
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En théorie, la chute des taux d’intérêt sous zéro devrait s’accompagner d’une vente d’obligations par leurs détenteurs au profit de liquidités placées dans un coffre.
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Est-ce judicieux ?
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L’utilisation de la monnaie fiduciaire comme moyen d’épargne présente un problème : sa liquidité inégalée la rend particulièrement vulnérable aux incendies et au vol.
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Pour tout épargnant, l’utilisation d’un compartiment d’un coffre-fort résistant au feu dans une banque ou en lieu sûr loin de chez lui est le meilleur choix.
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Néanmoins, la solution optimale repose sur les économies d’échelle.
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Peut-on y parvenir facilement ?
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Pour un investisseur, la diversification tombe sous le sens.
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Il doit répartir ses liquidités parmi un vaste éventail de compartiments de coffre-fort en des lieux sûrs géographiquement dispersés.
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C’est déjà mieux, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile par les temps qui courent.
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Pourtant, il y a peut-être un moyen d’atteindre ces objectifs de façon efficace et économique.
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Lorsque les taux d’intérêt sont négatifs, il y a probablement suffisamment d’investisseurs prêts à conserver des espèces pour justifier la mise en place d’un système de coffres-forts par une banque ou un établissement financier.
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Autrement dit, le niveau de sécurité et de diversification géographique serait élevé.
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Pour que les investisseurs aient facilement accès aux liquidités, des certificats de dépôt peuvent être délivrés au format papier ou, de préférence, au format électronique.
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Le transfert d’argent n’en est que plus aisé, car il suffit de se rendre à l’établissement de dépôt le plus proche pour lui confier son argent ou pour l’en retirer, ou à la banque la plus proche, si elle accepte les dépôts et les retraits d’espèces.
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Vous possédez donc un compte bancaire dont le solde ne peut pas être prêté, mais qui supporte des frais de garde.
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Vous pourriez même créer des marchés de produits dérivés négociés en bourse et liés à des liquidités détenues dans un établissement de dépôt afin de permettre à des particuliers et des investisseurs institutionnels de conserver leurs espèces sans rendement négatif.
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Un nouveau système d’épargne pourrait être mis en place malgré les rendements négatifs et limiter ainsi l’incursion des taux d’intérêt à court et à long terme en territoire négatif.
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Certes, toute l’épargne devrait prendre la forme d’argent fiduciaire, d’où une forte demande de billets.
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Si les espèces sont déposées, mais ne sont pas prêtées, l’argent injecté dans l’économie réelle et destiné aux transactions normales va diminuer.
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De quoi faire planer la menace déflationniste, ce qui contredit l’objectif visé par la politique des taux d’intérêt négatifs.
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Lorsque les espèces sont sonnantes et trébuchantes, on peut difficilement s’attendre à des taux d’intérêt résolument négatifs, puisque la dette et la masse monétaire des États relèvent de la compétence d’une seule et même institution, les deux étant parfaitement fongibles.
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Au pire, la politique monétaire des taux d’intérêt négatifs pourrait enclencher une spirale déflationniste.
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La seule politique encore disponible pour relancer l’inflation est probablement un assouplissement quantitatif digne de ce nom, et pas des mesures en demi-teinte
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Source : Richard Woolnough, Gérant de M&G Optimal Income
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- M&G Optimal Income : + 0,99% YTD
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