Doit-on rappeler que les prix du logement sont très élevés en France...
...au regard du pouvoir d’achat des ménages et du niveau d’emploi?
HLM, loyers, densification : le marché du logement vient d’entrer en force dans la campagne électorale. Il faut évidemment s’en réjouir. Doit-on rappeler que les prix du logement sont très élevés en France, au regard du pouvoir d’achat des ménages et du niveau d’emploi ? Doit-on rappeler que ce niveau de prix émane d’un désajustement structurel entre l’offre et la demande ? Doit-on rappeler que les politiques qui visent à solvabiliser la demande de façon non ciblée (comme la déduction fiscale des intérêts d’emprunt instaurée en 2007 puis abandonnée) ont accru ce déséquilibre ? Que chacun mette l’accent sur l’augmentation de l’offre montre que la pédagogie commence enfin à faire son œuvre.
Ce que montre aussi cette avalanche de propositions, c’est que la nécessaire réduction des dépenses publiques oblige à penser autrement : moins en termes d’aides pécuniaires que d’évolutions réglementaires. C’est la logique de l’augmentation des COS proposée par le Président de la République. C’est aussi celle du transfert de terrains appartenant à l’Etat au bénéfice des collectivités locales proposée par François Hollande. Ces deux mesures posent d’évidentes difficultés d’application, mais elles ont au moins le mérite de tenter de répondre à un vrai problème. Car les lois économiques sont claires : c’est en construisant davantage de logements à proximité des zones économiquement les plus tendues (celles où le chômage est le plus faible par exemple) que l’on arrivera à détendre durablement et sainement le marché.
En revanche, ce n’est certainement pas en réveillant l’antienne récurrente concernant le blocage des loyers. L’idée selon laquelle on répond à un phénomène de prix élevé par un blocage des tarifs a été abandonnée par les économistes depuis le 18ème siècle. Et ceux qui s’intéressent à l’histoire savent que le blocage du prix des grains n’a jamais empêché famine et révolution. Sur le marché du logement comme ailleurs, ceci ne se traduirait que par une nouvelle baisse de l’offre locative, et l’apparition d’un marché secondaire (marché « noir ») avec des prix prohibitifs. La pédagogie avance donc, mais le combat n’est pas encore tout à fait gagné.
Source : Nicolas BOUZOU, meilleurtaux.com
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