La CNCGP a posé 3 questions à Alain Juppé…
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Alain Juppé, Candidat à la primaire LR
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CNCGP : Dans une économie à taux d’intérêt presque nuls sinon négatifs, comment protéger l’épargne des Français ?
Alain Juppé : La politique accommodante de la BCE a engendré un « aplatissement » de la courbe de taux qui menace le pouvoir d’achat des épargnants, comme nous pouvons l’observer à travers les taux des produits d’épargne réglementés (livret A, assurance-vie).
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La remontée des taux d’intérêt interviendra mais seulement lorsque la consommation et l’investissement retrouveront un minimum de dynamique.
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Je propose de remédier à la faiblesse de l’investissement productif en engageant immédiatement les réformes structurelles de notre économie : assouplissement du code du travail, allongement de la durée du temps de travail, baisse du coût du travail, et diminution de la fiscalité sur l’investissement.
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La protection de l’épargne des Français c’est aussi alléger l’impôt sur les revenus qu’elle génère.
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C’est avec cet objectif que j’ai proposé que la fiscalité des produits de l’épargne (intérêts, dividendes) revienne à un niveau proche de celui qui était le sien avant 2012.
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C’est aussi pour protéger l’épargne investie en actions sur le long terme que j’ai proposé que la taxation des plus-values revienne à une logique forfaitaire qui serait abaissée avec le temps : au bout de 6 ans de détention, la plus-value ne serait taxée que pour moins d’un quart de son montant (en incluant les prélèvements sociaux).
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CNCGP : Sur quoi doit reposer la stabilité fiscale ?
Alain Juppé : L’instabilité fiscale constitue une catastrophe pour les entreprises et les ménages.
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C’est aussi l’un des reproches majeurs que nous adressent les investisseurs étrangers.
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La stabilité fiscale est un axe central de la stratégie que je propose aux Français à travers un « contrat fiscal » annoncé avant même l’élection présidentielle.
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Le deuxième acte se matérialisera dans une loi de programmation fiscale votée par le Parlement en début de mandature et qui contiendra l’intégralité des mesures fiscales du quinquennat et leur calendrier.
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Le troisième acte, c’est de s’interdire d’engager un chantier fiscal qui n’aurait pas été annoncé pendant la campagne.
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Enfin je veillerai à ce que les mesures fiscales nouvelles ne s’appliquent pas à l’année en cours quand elles sont votées dans la loi de finances de fin d’année pour donner de la perspective aux épargnants.
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CNCGP : Comment orienter l’épargne des Français vers l’investissement pour les PME et ETI ?
Alain Juppé : Les grands groupes ont beaucoup plus de facilité à se financer que nos PME et plus particulièrement les plus petites d’entre elles.
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On n’oriente pas l’épargne vers les entreprises seulement à coup d’exonérations fiscales.
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Il faut surtout améliorer leur rentabilité intrinsèque, car c’est à cette condition que les investisseurs acceptent de prendre des risques.
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C’est pourquoi j’ai proposé de baisser le taux normal de l’IS à 30% et de ramener le taux d’imposition des plus petites PME à 24% pour engager une convergence progressive vers la moyenne européenne.
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Je compte aussi proposer un allègement supplémentaire de charges patronales de la branche « famille » à hauteur de 10 milliards d’euros qui bénéficiera à l’ensemble des entreprises.
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Comme je m’y suis engagé je supprimerai l’ISF dès 2018, véritable absurdité économique faisant fuir des milliers de détenteurs de capitaux qui auraient pu investir leur patrimoine en France et y créer des emplois.
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Il faudra toutefois maintenir un dispositif d’incitation à l’investissement dans les PME, car la suppression de l’ISF entraînera mécaniquement la suppression de l’avantage dit « ISF-PME ».
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Enfin, la baisse de la taxation des produits du capital, et particulièrement de la taxation sur les plus-values, participera de cet objectif.
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Je veux aussi développer l’actionnariat salarié, qui est une mesure favorable au financement de l’entreprise mais, aussi, à la cohésion sociale au sein de l’entreprise.
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C’est pourquoi je propose de baisser de 20% à 16% les prélèvements sociaux payés par l’entreprise et pour les salariés de remonter fortement le plafond d’exonération des plus-values au-delà de 5 ans de détention.
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