Interview de Didier Roman, gérant du fonds Tocqueville PME...
Le fonds Tocqueville PME a enregistré une hausse de +19,5% l’an dernier. Quelle stratégie après une année 2016 réussie ? Nos questions à Didier Roman, gérant du fonds aux côtés d’Alexandre Voisin et de Matthieu Tassy.

H24 : Pouvez-vous nous présenter le fonds Tocqueville PME ? Est-il davantage investi sur l’univers small caps ou mid caps ?
Didier Roman : Il s’agit d’un fonds plutôt orienté small caps que mid caps, aucune valeur du portefeuille ne pouvant dépasser 600 millions d’euros de capitalisation. Certaines valeurs du portefeuille sont d’ailleurs cotées sur Alternext.
Nous sommes bien sûr stock pickers et rencontrons régulièrement le management des entreprises dans lesquelles nous envisageons d’investir pour bien comprendre leur stratégie.
Le portefeuille est actuellement composé de 74 lignes, mais pourrait bientôt s’approcher des 80 lignes si nous décidons d’initier quelques positions sur de petites capitalisations.
H24 : Le fonds a enregistré une hausse de +19,5% en 2016. Comment s’explique cette performance ?
Didier Roman : La performance du fonds vient de notre bon stock picking. La valeur qui a le plus contribué à cette performance est Direct Energie, qui vaut 32 euros alors que nous sommes entrés à un cours moyen de 7,3 euros. Nous avions bien lu en amont la fusion avec Poweo.
Chargeurs a également bien participé à cette performance. Nous sommes entrés sur cette valeur suite à l’annonce du changement de contrôle actionnarial ayant eu lieu fin 2015. Nous apprécions l’envie de développement par croissance externe affichée par la nouvelle équipe.
On peut aussi citer la bonne contribution de Store Electronic Systems, devenu SES Imagotag suite à la fusion des deux groupes. Nous apprécions l’équipe managériale de l’entreprise, qui a su procéder à cette fusion au bon moment.
H24 : Après ces bonnes performances, quelle est votre stratégie cette année ? Les valeurs cycliques ont le vent en poupe, pensez-vous investir davantage sur ce segment du marché ?
Didier Roman : L’allocation sectorielle du portefeuille se rapproche de celle de son indice de référence, et le fonds est donc autant investi en valeurs de croissance qu’en valeurs cycliques. Il n’a pas de biais particulier dans ce domaine.
Il y a en fait deux choses à dire sur notre stratégie actuelle. Tout d’abord, on arbitre les valeurs qui ont fait de belles performances l’an dernier et pourraient être pénalisées par la hausse des matières premières, comme par exemple Plastivaloire. Sa valorisation n’est pas excessive et la société est bien gérée, mais il s’agit d’une entreprise qui fait de l’injection plastique, d’où un risque de baisse des marges en cas de hausse des matières premières.
A l’inverse, on achète des entreprises qui pourraient bénéficier de la hausse des matières premières. C’est par exemple le cas de Derichebourg pour son activité de recyclage. On peut aussi citer Auréa, qui recycle de l’aluminium et des huiles de vidange. Le rebond du pétrole améliore la compétitivité de l’entreprise.
Il semble par ailleurs que certaines valeurs pourraient sortir du purgatoire, comme le Groupe Partouche, qui exploite des casinos et dont le patrimoine immobilier reste mal valorisé, April Group dont le chiffre d’affaires pourrait rebondir même si nous ne sommes pas investis sur cette valeur, ou encore Bénéteau qui devrait bénéficier de la croissance du marché de la location de bateaux de plaisance.
H24 : Vous intéressez-vous au secteur des biotechs ?
Didier Roman : Il y a encore quelques années, je pensais que le fonds ne serait jamais investi sur les biotechs, car ce sont des valeurs que j’ai du mal à valoriser, mais Alexandre Voisin a apporté son expertise dans ce domaine et le fonds est désormais investi à 5-6% dans ce type de valeurs, qui ont généré une importante performance au sein du fonds au cours des dernières années.
H24 : Le fonds reste principalement investi en valeurs françaises. Pensez-vous à l’avenir allouer une part plus importante du portefeuille en actions étrangères européennes ?
Didier Roman : Nous avons quelques valeurs étrangères en portefeuille. Le problème, c’est que si l’on veut parler avec des entreprises allemandes par exemple, cela est beaucoup plus difficile qu’avec des entreprises françaises. Nous n’avons pas la même proximité et beaucoup de ces valeurs ne sont pas suivies par des analystes.
Nous irons donc vers davantage de valeurs étrangères si le fonds grossit, mais nous investirons avec prudence car nous ne voulons pas avoir en portefeuille les valeurs que tout le monde a déjà.
H24 : Quelle est la liquidité des valeurs sélectionnées en portefeuille ?
Didier Roman : La question de la liquidité du portefeuille est très importante pour nous. Sur l’univers des small caps, certains titres ne sont pas très liquides et cela nécessite d’être à la fois patient et prudent.
Certaines lignes du fonds auraient pu être plus importantes au sein du fonds car nous sommes convaincus des qualités de certaines entreprises, mais nous avons parfois préféré limiter notre exposition aux valeurs qui ne sont pas suffisamment liquides. Cela n’est pas grave car nous avons suffisamment d’idées de valeurs dans lesquelles investir.
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Propos recueillis par H24 Finance. Tous droits réservés.
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