« La quasi-totalité de l'allocation d'actifs de ce fonds est décidée par un modèle »
Le fonds SLF (F) Defensive de Swiss Life Asset Managers (+4,33% YTD) se distingue par son processus de gestion quantitative. Comment se gère un tel fonds dans le contexte d’incertitude politique qui s'annonce pour 2017 ? Nos questions à Asma Rida et Louis Jambut, gérants du fonds.

H24 : Pouvez-vous nous présenter le fonds SLF (F) Defensive en quelques mots ?
Louis Jambut : SLF Defensive est un fonds diversifié actions / obligations défensif, dont le but est d’optimiser le rendement tout en conservant une volatilité inférieure à 6%.
L’indice de référence du fonds est composé à 30% de l’indice actions DJ EuroStoxx 50 NR, et à 70% de l’indice obligataire JPMorgan Government Bond Index Broad Hedged EUR TR.
En termes d’allocation entre actions et obligations, le fonds est investi de manière semblable à son indice de référence, en respectant la contrainte de ne pouvoir jamais être investi à plus de 50% aux marchés actions, et jamais à moins de 50% en obligations, qui peuvent parfois faire partie de la catégorie high yield dans un objectif de diversification des primes de risque.
Asma Rida : Il s’agit également d’un fonds quantitatif : la quasi-totalité de l’allocation d’actifs du fonds est décidée par un modèle, qui surpondère ou sous-pondère certaines positions en fonction de l’évolution des marchés.
H24 : À quel point intervenez-vous personnellement dans le processus de gestion ?
Asma Rida : Nous restons actifs en termes de gestion du risque. Il nous est possible de réduire « manuellement » les risques en portefeuille en amont de certains événements susceptibles de créer de la volatilité sur les marchés, comme par exemple le Brexit ou les élections américaines cette année.
Nous pouvons ainsi couvrir temporairement notre exposition aux marchés actions, de même que nous pouvons gérer la sensibilité du portefeuille d’obligations souveraines en réduisant sa duration lorsque nous souhaitons nous protéger d’une éventuelle hausse des taux.
H24 : Comment réagissez-vous, ou comment réagit le modèle de gestion, face à la forte hausse des marchés actions depuis le début du mois de novembre, que certains qualifient de "bulle" ?
Asma Rida : La réaction des marchés ne nous semble pas surprenante. Les investisseurs intègrent notamment la perspective d’une hausse de l’inflation aux Etats-Unis.
Ce phénomène ne devrait pas se concentrer aux Etats-Unis mais s’observer par répercussion à l’échelle mondiale. Nous restons donc constructifs sur les marchés actions.
Louis Jambut : Le modèle ne signale donc pas d’alerte, mais il est vrai qu’en termes de valorisations, les marchés sont déjà allés assez loin. Cela reste justifié du fait que les entreprises ont également commencé à augmenter leurs prévisions de revenus pour 2017.
H24 : À quoi vous attendez-vous pour l’an prochain sur les marchés ?
Louis Jambut : Il nous semble que l’on peut encore s’attendre à une croissance de 3 ou 4% du MSCI World l’an prochain, même si les marchés européens pourraient connaître davantage de volatilité à cause des banques italiennes.
En ce qui concerne les risques politiques, nous serons bien sûr attentifs à l’impact des élections sur les marchés l’an prochain. Si nous sentons que des tendances politiques se dégagent et sont susceptibles de se traduire par des scénarios négatifs pour les marchés, nous envisagerons bien sûr de réduire les risques dans les portefeuilles, du fait de notre approche défensive.
Il est vrai qu’en Europe, la persistance du chômage, notamment chez les jeunes, peut se traduire par des réactions politiques imprévisibles.
Asma Rida : Malgré tout, il y a des raisons de rester constructifs sur l’Europe. Economiquement, la zone euro pourrait être portée par la reprise américaine. D’où le fait que nous restons positifs sur les actions européennes.
Propos recueillis par H24 Finance. Tous droits réservés.
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