Schroders fait les choses en grand
Alain Madelin, Pierre Kosciusko-Morizet, Philippe Crouzet de Vallourec... Pour sa conférence annuelle, le gestionnaire britannique a visé haut.
Près de 200 conseillers financiers (banquiers privés, CGPI, multigérants, responsables de plateformes,…) ont été réunis au Pavillon Gabriel pour la conférence annuelle de Schroders. Thématique du jour : Existe-t-il encore une place pour la croissance en Europe ?
Pour répondre à cette question, Schroders n'a pas hésité à faire appel à des intervenants de qualité. Jugez plutôt : Alain Madelin, Nicolas Baverez, Pierre Kosciusko-Morizet, Fondateur de PriceMinister, Philippe Crouzet, Président du Directoire de Vallourec, Jean-Pierre Lac, Directeur Financier du groupe SEB, ainsi qu'Augustin Paluel-Marmont, co-Fondateur de Michel et Augustin.
Après une introduction pertinente d'Alan Brown, Directeur des Gestions de Schroders, les intervenants ont livré leurs analyses de la situation en s'appuyant sur des exemples liés à leurs propres expériences.
Alain Madelin : « L’hyper-dette doit être compensée par l’hyper-croissance », « L’économie digitale, nous ne sommes qu’au début. Nous sommes en bas de l’Himalaya et, pour l’instant, incapables de mesurer le potentiel de développement apporté par ce nouveau secteur », « L’Europe doit réussir à s’accrocher au TGV de la croissance »,…
Nicolas Baverez : « La politique monétaire est fabriquée par l’Allemagne, pour l’Allemagne. Si cela continue, l’Europe va devenir le Tiers-Monde du XXIème siècle. Nous devons réinventer l’Europe, nous avons des atouts : la liberté, un taux d’épargne élevé, un art de vivre et une grande culture »…
Ensuite, se présentant comme un simple "vendeur de cafetières et d'aspirateurs", Jean-Pierre Lac a ainsi expliqué qu'il était possible d'être leader mondial - c'est le cas de SEB - tout en effectuant 80 % de sa production en France. Il a tout de même précisé qu’il avait aussi acheté une société de production chinoise. Pour Vallourec, numéro un dans le monde du tube sans soudure, l'Europe conserve des atouts, notamment en matière de compétences technologiques.
Pour autant, ces chefs d'entreprises n'ont pas manqué de souligner quelques faiblesses du modèle européen. En premier lieu, comme l'a remarqué Augustin Paluel-Marmont, il n'existe pas de marché européen dans le business outre une monnaie commune. Chaque état conserve son code du travail, sa fiscalité et sa réglementation. Dès lors, il convient de penser « Monde » et non « Europe ». Il a également souligné qu’il fallait redonner le goût du travail aux jeunes et surtout à la génération des « 35 heures » qui pensent un peu trop aux RTT…
Pierre Kosciusko-Morizet a tenu à stigmatiser deux éléments : un environnement juridique et fiscal mouvant, peu propice à la création d'entreprises, et une frilosité des investisseurs et des grands groupes absolument pas fiables en termes de respect des contrats. Appelé à expliquer les raisons de la vente de son groupe à des Japonais, il s'est ainsi justifié : « Aucun groupe français ou européen ne s’est penché correctement sur notre dossier. C’est effectivement un entrepreneur japonais qui a compris le business et le potentiel de Price Minister. De plus, l’argent que j’ai personnellement touché, je le réinvestis dans des sociétés françaises qui, souvent, ont du mal à trouver des financements auprès des banques. »
Pour une fois, une réunion sans gérants mais avec des intervenants hors normes dans notre milieu, en prise directe avec la vie réelle. Une bouffée d’oxygène que les financiers ont apparemment appréciée puisque très peu ont sorti leur Blackberry au cours de la manifestation.
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