🤔 Quelle stratégie adopter face aux turbulences des marchés ?

Le choc pétrolier lié à l’invasion de l’Ukraine alimente les craintes qu’un scénario de récession pourrait suivre. De plus, les banques centrales ont commis une erreur lors de la pandémie en surestimant les conséquences à long terme et en procédant donc à un assouplissement trop prononcé. Ainsi l’inflation actuelle, si elle est exacerbée par la flambée des matières premières, réside également dans une erreur de politique monétaire que les banquiers centraux peinent à corriger, alors que les prévisions de croissance mondiale se replient.
Dès lors, les niveaux actuels d’inflation sont historiquement élevés, avec une augmentation de 8.5% aux États-Unis et 7.5% en Europe, bien que la Réserve fédérale semble prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour inverser la tendance avec un retour à des niveaux plus supportables fin 2022. Anne-Laure Frischlander note à ce propos une bonne nouvelle : le prix des véhicules d’occasion aux US est en train de diminuer, laissant penser que le pic aurait pu être atteint.
L’Europe à contrario semble bien plus vulnérable que son voisin outre Atlantique, en raison du choc énergétique qui alimente les craintes de stagflation. Selon Anne-Laure Frischlander, « tout dépendra de la rapidité avec laquelle l'Europe peut se passer des hydrocarbures russes », et remarque qu’il faudra également composer avec le fait que tous les pays ne présentent pas le même degré de dépendance. Si l'Allemagne a du mal à rompre les liens avec Moscou, la France, forte de son parc nucléaire, est mieux armée pour préparer son indépendance énergétique. Plusieurs pays ont, certes, évoqué l’augmentation de leur production (États-Unis, Norvège, Canada, Qatar), mais les objectifs européens sont ambitieux et se heurtent à des contraintes de temps et d’acheminement.
Enfin, la politique monétaire de Jerome Powell reste l’une des grandes inconnues pour la suite de l’année. La vision de la société de gestion est assez pessimiste, pour Anne-Laure Frischlander, « on peut très bien s'attendre à voir les Fed Funds culminer à 3 ou 3,5% », alors que le marché anticipe plutôt 2,9% sur un an.
Dès lors, après avoir évoqué les perspectives macroéconomiques de 2022, quelles sont les conclusions d’investissement ?
Actions :
-
Réduction de l’exposition au risque, préférence pour les actifs à duration courte.
-
Focus sur les actions américaines et les pays développés hors Europe.
-
Mitigé sur les émergents (positif sur l’Amérique Latine, moins sur l’Asie).
Obligations :
-
Les rendements devraient subir des pressions à la hausse jusqu’à une stabilisation de l’inflation et une orientation plus stricte de la politique monétaire.
-
Crédit Investment Grade US et EU : risque significatif d’élargissement des spreads en raison du contexte monétaire, géopolitique et énergétique.
-
Crédit High Yield : sélection active des émetteurs dans les secteurs les moins soumis à l’inflation comme la santé et l’informatique.
Devises :
-
La fuite vers les valeurs refuges implique que le dollar devrait être soutenu tout au long de l’année.
-
Les émergents exportateurs de matières premières devraient bien se porter à l’image du peso mexicain et du réal brésilien.
Article rédigé par H24 Finance. Tous droits réservés.
Autres articles
Voir tous les articlesInterviews
L'interview "décalée H24" de Maxime Gohin (Capital Management France)....
Publié le 30 octobre 2025
Vidéos
GEAR : un fonds Long Short indépendant des marchés....
Publié le 20 octobre 2025
Vidéos
Le climat, nouveau critère décisif pour les investisseurs....
Publié le 05 octobre 2025