🛡 Quelle classe d’actifs privilégier pour protéger son portefeuille face à l’inflation ?
Enguerrand Artaz, Gérant de Échiquier Allocation Flexible et analyste macro et stratégie de La Financière de l'Echiquier, revient sur les enjeux liés au contexte actuel de flambée des prix, à l'occasion d’une nouvelle session d'Échiquier Academy.

Dès lors, quels ont été les moteurs de cette inflation ?
Selon le gérant, la situation actuelle est le fruit du triptyque suivant :
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Une relance massive par la consommation alors que la capacité d’ajustement de l’offre était limitée par les perturbations liées au covid,
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Un marché de l’emploi favorisant l’inflation salariale et limitant la volonté de retour à l’emploi,
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Un excédent monétaire lié à la politique accommodante de la Federal Reserve.
Si une inflation modérée est positive pour l’économie (en favorisant l’investissement et en évitant l’excès d'épargne), une inflation trop forte peut avoir des effets néfastes, notamment en raison de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, freinant ainsi la consommation.
C’est la raison pour laquelle les marchés scrutent avec une telle attention les déclarations de Jerome Powell. La Réserve fédérale va devoir agir rapidement pour limiter la hausse des prix, en évitant de porter trop atteinte à la reprise économique post covid. Pour cela, deux leviers sont à la disposition du président de la FED : la remontée des taux directeurs et la réduction de son bilan. Pour Enguerrand Artaz, toute la difficulté « réside dans le fait de prévoir le rythme et le nombre exact de hausses de taux », même si ce dernier anticipe un scénario de 10 hausses de 25bp avant la fin de l’année (dans un premier temps, Jerome Powell a confirmé une hausse des taux d'un demi-point dès le mois de mai).
Comment protéger son portefeuille face à l’inflation, mais surtout, quelle classe d’actifs privilégier ?
Selon le gérant, l'inflation, bien qu’étant un facteur d’aversion au risque chez les investisseurs, n’est pas forcément négative pour les actions. Les investisseurs devront en revanche agir en véritable “stock-picker”, pour sélectionner des entreprises peu endettées, et disposant surtout d’un bon pricing power, essentiel dans un environnement inflationniste.
Côté obligataire en revanche, la tâche s’avère plus compliquée. Les obligations d’Etat subissent de plein fouet la hausse des taux. Même son de cloche sur le segment des obligations d’entreprises, qui pâtiront sur leurs maturités longues et plus globalement de l’aversion au risque des investisseurs dans un contexte de hausse des prix.
Cependant, et si les nuages s'amoncellent à l’horizon, des opportunités subsistent. Ainsi, Enguerrand Artaz nous présente trois classes d’actifs dites “refuge” contre l’inflation :
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Les matières premières : métaux précieux, industriels ou encore produits agricoles,
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Les actifs réels : immobilier, infrastructures,
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L’inflation elle-même : via des obligations indexées à l’inflation ou les points morts (breakeven) d’inflation.
Article rédigé par H24 Finance. Tous droits réservés.
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