Ce que nous dit ce banquier central fait froid dans le dos...

Lors d’une conférence organisée par BlackRock, Stanley Fischer, ancien gouverneur de la Banque d’Israël et ancien vice-président du conseil de la Réserve Fédérale des États-Unis nous fait part de ses inquiétudes concernant l’économie mondiale mais aussi la montée du populisme depuis la crise de 2008.
L’économie mondiale est en très mauvaise posture
Comme nous le savons, l’économie mondiale ralentit : la guerre commerciale sino-américaine fait souffrir le secteur manufacturier et impacte de manière globale. La Chine qui a longtemps été habituée à des taux de croissance à deux chiffres voit son économie ralentir aux alentours de 6%. Les pays d’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Mexique) ne vont pas bien non plus…
Autre source d’inquiétude pour Stanley Fischer : la forte augmentation des dettes nationales et ce partout dans le monde. Même si les taux d’intérêt très bas font qu’aujourd’hui une dette représentant 100% du PIB d’un pays n’est pas équivalente à la même dette 20 ans plus tôt, elles sont très élevées et dangereuses selon Stanley Fischer. Si jamais les taux d’intérêts venaient à augmenter de nouveau, les dettes pourraient être plus difficiles à supporter pour les pays.
Mais alors que faire pour enrayer cette spirale négative ?
Pour le moment la principale arme utilisée et utilisable est la politique monétaire des banques centrales. La FED et la BCE ont déjà commencé l’acte 2 de leur assouplissement monétaire. Mario Draghi veut mettre en place une importante action de politique monétaire avant de laisser la place à Christine Lagarde. Cependant la transition ne sera pas simple selon Stanley Fischer. Christine Lagarde n’a jamais été à la tête d’une banque centrale et elle remplace Mario Draghi qui a très bien occupé son poste pendant 8 ans. Christine Lagarde mettra du temps à s’habituer à son nouveau rôle.
Stanley Fischer ne sait pas jusqu’où ces politiques accommodantes peuvent aller mais il note qu’il existe une aversion naturelle aux taux négatifs : il n’est pas logique de devoir payer pour prêter son argent. Pourtant deux des plus sérieuses banques centrales (les banques centrales suédoises et suisses) gèrent leur politique monétaire avec des taux négatifs. Ces taux négatifs ne semblent pas poser de problème.
Le populisme pourrait faire empirer la situation
Stanley Fischer est très critique et très pessimiste vis-à-vis du conflit sino-américain et de la montée du populisme depuis la crise de 2008.
En effet, les partis populistes sont un énorme problème aujourd’hui, leurs politiques d’endettement constituent un danger. Pour caricaturer, le discours populiste est le suivant : l’endettement n’est pas un problème, nous pouvons utiliser les politiques monétaires pour lever de la dette gratuitement. Mais ils oublient souvent une chose importante : l’inflation.
Et la guerre commerciale est un facteur aggravant
Stanley Fischer est encore plus inquiet par le conflit sino-américain. Le monde a bâti des structures saines en faveur du commerce mondial après la seconde guerre mondiale (le FMI, la Banque Mondiale et plus tard l’Organisation Mondiale du Commerce). Ces organisations ont permis de favoriser le commerce international et de très bien gérer les conflits commerciaux. Mais aujourd’hui le gouvernement américain ne croit plus en ces organisations et c’est un sérieux problème. Les droits de douane appliqués par les États-Unis et la Chine sont un danger pour l’économie mondiale et créent le désordre, personne n’en sortira grandi.
L’histoire nous éclaire sur des conflits de ce type. Lorsqu’il y a eu une puissance émergente défiant une puissance dominante au cours de l’histoire, sur 16 cas, 12 se sont terminées en guerre. On a bien la Chine (puissance émergente) qui défie aujourd’hui les États-Unis (puissance dominante), l’histoire nous dit qu’une guerre n’est pas impossible entre ces deux géants. Notons tout de même que les 4 fois où la guerre n’a pas eu lieu c’était aussi entre les États-Unis et la Chine. Stanley Fischer ne serait pas surpris si une guerre, ou au moins un conflit, éclatait entre ces deux puissances dans les années à venir.
Le monde pourrait alors être totalement différent, surtout si la Chine venait à remporter ce duel…
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