« Acheter des obligations ne permet plus de préserver le capital »
Dans un univers boursier devenu incertain à long terme, les gérants du fonds First Eagle Amundi International Fund font le choix d’investir sur des entreprises peu endettées et sur l’or, qui semblent plus sûrs que les obligations anciennement considérées comme « sans risque ».

Pour les investisseurs de long terme, le fonds First Eagle Amundi International Fund s’est imposé au cours des dernières années comme l’une des « valeurs sûres » de sa catégorie.
Pour rappel, ce fonds flexible multi classes d’actifs, plutôt caractérisé par une approche "value", est distribué par Amundi auprès de sa clientèle patrimoniale et institutionnelle en étant géré par la société de gestion First Eagle Investment Management à New York. Son encours était de plus de 7 milliards de dollars à fin août.
Un monde plus risqué, économiquement et politiquement
« Dans les années 1980, la situation était à l’inverse de celle de nos jours : des taux et une inflation très élevés. Désormais les taux sont très faibles et les PER des valeurs américaines atteignent souvent jusqu’à 20 fois les bénéfices attendus en 2016 » à rappelé Matthew McLennan, gérant du fonds First Eagle Amundi International Fund, à l’occasion du 20ème anniversaire du fonds.
« En 2008, on s’inquiétait des dettes. Aujourd’hui le niveau de dette à l’échelle mondiale est encore plus important qu’avant la crise. L’environnement économique est donc plus risqué. Le deleveraging est encore devant nous » alors même que « la croissance est plus molle » a résumé le gérant.
Pour ce dernier, la prudence n’est pas seulement de mise sur les questions économiques, mais également politiques. En effet, « les pays occidentaux sont confrontés à une montée du populisme ».
« La mondialisation a réduit les inégalités entre les pays, ce qui est positif à l’échelle globale, mais au sein de chaque pays, certaines personnes se sentent délaissées. Les robots et l’automatisation des tâches remplacent le travail. Pour certains, la transition peut être difficile et provoque un mécontentement qui s’exprime dans les urnes : Trump est dans cette mouvance ».
First Eagle Amundi International Fund : les choix des gérants
Face à ce monde plus incertain, « La construction du portefeuille doit tenir compte de ces risques, car les marchés pourraient connaître davantage de volatilité à l’avenir » a expliqué Matthew McLennan.
Revenant brièvement sur sa méthodologie, le gérant du fonds First Eagle Amundi International Fund a rappelé sa vision de long terme, en investissant par exemple sur des actions « qui peuvent être détenues pendant 5 à 10 ans ».
« Nous achetons des actions lorsque celles-ci nous semblent atteindre un prix attractif, et nous sommes prêts à attendre pour trouver le bon point d’entrée malgré l’impatience des marchés » a-t-il précisé.
Le gérant reste ainsi à la recherche d’entreprises et des secteurs temporairement délaissés par les marchés. Cette approche "value" reste très relative, puisque le fonds reste surtout investi dans « des actions d’entreprises non endettées », susceptibles de mieux résister en cas de choc économique.
Pour cette même raison, le gérant affiche également son attrait pour les entreprises qui « détiennent des actifs physiques ou contrôlent des actifs tangibles rares, difficiles voire impossibles à dupliquer, et qui en tirent des revenus réguliers ».
Convaincu par le potentiel de long terme des entreprises répondant à ces critères, le gérant du fonds reste investi à 66% en actions, principalement américaines mais également européennes et japonaises.
Pour sécuriser davantage le portefeuille, le gérant utilise « l’or comme une couverture contre une potentielle baisse des marchés actions ». Le fonds est ainsi exposé à 10,8% aux actifs liés à l’or, avec 6,3% d’or sous forme d’ETC et 4,5% d’actions liées au secteur de l’or. Le fonds conserve par ailleurs une importante poche de liquidités, atteignant 22% du portefeuille en additionnant la partie "cash" et "équivalent cash".
Surtout, le fonds First Eagle Amundi International Fund est peu exposé aux marchés obligataires. « Acheter des obligations ne permet plus de préserver le capital » a justifié le gérant, les rendements des obligations étant inférieurs à l’inflation dans les pays occidentaux.
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