Plus facile pour ce gérant star d'être confiant avec +7.73% YTD...
L’année 2022 marque la fin de l’insouciance sur les marchés. Entre une inflation galopante, un resserrement monétaire inédit et la résurgence des tensions géopolitiques, difficile de générer de la performance dans un tel contexte.

Ainsi, si les perspectives du marché restent fragiles, est-il encore possible de générer de l'alpha pour les investisseurs ?
Le cas échéant, quels secteurs privilégier ?
Éléments de réponse avec Nicolas Walewski, gérant de portefeuille et fondateur de la société Alken Asset Management.
Vers une augmentation structurelle des prix
Depuis deux ans déjà et l’apparition des premières contraintes structurelles de production, liées à la pandémie de Covid-19, l’inflation est revenue sur le devant de la scène. Si les banquiers centraux pensaient enfin avoir réussi à “battre” cette dernière (en la cantonnant à l’objectif de 2% par an), elle s’est rappelée aux bons souvenirs des investisseurs en atteignant des niveaux historiques de part et d’autre de l’Atlantique.
Une question subsiste toutefois : quand atteindra-t-on le pic d’inflation ?
A court terme, certains éléments militent pour que l’on atteigne ce pic prochainement, estime le gérant (ralentissement des prix des matières premières, baisse des prix des véhicules d'occasion). En revanche, d’après ce dernier, l'inflation sous-jacente, plus structurelle, risque de rester élevée durant les prochaines années, et ce pour trois raisons :
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Les matières premières fonctionnent par cycle. La récente phase de correction n’est que passagère, estime Nicolas Walewski. La demande en matière première risque d’exploser dès les craintes de récession passées.
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La tendance à la démondialisation, après des dizaines d’années d'externalisation de la production vers des pays à bas-coût, devrait faire augmenter mécaniquement les prix, malgré les gains de productivité.
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L’accélération de la transition énergétique est intrinsèquement inflationniste. La baisse des investissements dans les hydrocarbures, peu chers à la production, et les investissements massifs dans les nouvelles énergies, moins rentables, risquent de tirer les prix vers le haut.
Ainsi, la pression inflationniste devrait rester élevée.
Retour vers la value ?
Pour le gérant, si le style “croissance” a surperformé ces dix dernières années, cette tendance ne peut plus durer.« Les marchés doivent financer toute l’économie et pas seulement les biotechnologies » estime Nicolas Walewski. « Le capital doit circuler et se repositionner sur des secteurs oubliés mais clés de l’économie ». Dès lors, l’investissement perpétuel dans les valeurs de croissance est insoutenable selon l’expert, qui n’y « croit d’ailleurs absolument pas ».
Pour ce dernier, le style “value” devrait faire son grand retour sur le devant de la scène durant les prochaines années et notamment en Europe. En cause, sur le marché européen, la plupart des secteurs se traitent avec une décote de 40% par rapport aux États-Unis. Si les investisseurs se ruent sur les titres de croissance en espérant se protéger, la hausse des taux d'intérêts risque de porter préjudice au style de gestion.
De plus, d’après Nicolas Walewski, « la value n’a jamais été aussi peu chère », tout en offrant un excellent potentiel de performance. C’est le cas par exemple du secteur énergétique, forte conviction du gérant. Malgré la correction récente du prix des hydrocarbures (pétrole et gaz notamment), ce dernier note que les valeurs ont bien résisté. Ainsi, sur le long terme « je préfère avoir personnellement un portefeuille diversifié de valeurs peu chères afin de battre les marchés » conclut l’expert.
Quel positionnement pour la société de gestion ? Focus sur le fonds Alken European Opportunities (+7,84% YTD)
Après une phase de politique accommodante et de dumping monétaire, les États-Unis commencent à ralentir. Au contraire, le continent européen plus “value” par essence devrait surperformer les marchés américains. Malgré les vents contraires qui ont pénalisé l’Europe (guerre en Ukraine, crise énergétique) le gérant reste ultra positif à long terme. Dès lors, comment est positionné le portefeuille ?
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Convictions sur l’industrie, mais plutôt sur des valeurs de transport (automobile notamment qui devrait bénéficier de l’électrification) ou liées à la défense, l’énergie et les matériaux.
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Sous pondération sur les technologies, la santé et les services aux collectivités.
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Neutre sur les financières, quelques opportunités sont toutefois à saisir.
Article rédigé par H24 Finance. Tous droits réservés.
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