Private equity : « Nous sommes en bulle » estime cette spécialiste...
Le « private equity » est de plus en plus présent dans les allocations des conseillers. Le sujet est dans toutes les conversations d’investisseurs. Pour certains, c’est un nouvel eldorado décorrélé des marchés. J.P. Morgan Asset Management a récemment organisé une discussion entre deux de ses gérants afin de redéfinir les termes du débat.

D'un côté, une gérante venant du « private equity », Dana Haimoff, gérante de portefeuille, Private Equity Group et de l'autre un gérant, Jon Ingram, gérant de portefeuille actions internationales, venant de l’univers coté.
Vous allez voir que les réponses n’étaient pas convenues !
Première question : A-t-on assisté à une baisse dans le private equity comparable à celle des marchés cotés ?
La réponse sans fioritures de Dana Haimoff est : « NON ». La raison est évidemment que le non-coté n’a pas la volatilité du coté mais aussi le fait, qu’en moyenne, il faut attendre 9 mois pour voir le résultat de la baisse dans le non-coté.
Deuxième question : est-on dans une bulle ?
Dana Haimoff analyse les faits :
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Les multiples moyens (11/12 X EBITDA) sont au plus haut historique,
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Le capital levé est (était) au plus haut historique,
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La distribution selon les types d’investisseurs et le montant sont au plus haut.
Donc OUI, nous sommes en bulle, selon la gérante.
Concernant le marché secondaire, les prix accusent un recul de -10%, mais ce n’est pas assez pour dire que c’est une véritable opportunité, selon la gérante. De plus, les entrepreneurs ne sont pas encore prêts à baisser les prix.
Pour Jon Ingram, ce n’est pas beaucoup plus positif sur les actions cotées internationales. Selon lui, « Nous ne sommes pas à la fin de la correction ».
Les deux gérants ne sont pas totalement pessimistes et il existe bien des opportunités. C’est d’ailleurs leur job au quotidien de les dénicher. Mais il faut savoir se poser les bonnes questions et avoir une analyse précise.
Les deux gérants soulignent que l’analyse n’est pas la même sur les marchés cotés et non cotés. Sur les actions cotées, tous les investisseurs sont égaux et détiennent les mêmes actions. Une action Tesla est une action Tesla. Sur le non coté, l’histoire est différente. Il peut y avoir des conditions attachées à la détention du titre de propriété qui sont différentes d’un investisseur à l’autre.
Au-delà de ce constat, quels sont les points de vigilance ?
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Qu’est-ce qui vous donne accès à ce deal ? Pourquoi moi et pas des acteurs plus importants ?
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Quels sont les conflits d’intérêts ?
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Comment vais-je être traité si ça se passe bien et au contraire si ça se passe mal ?
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Quel est l’historique du gestionnaire ?
Dana Haimoff souligne que pour l’investisseur en private equity, la diversification des millésimes de fonds est très importante.
Enfin, la gérante finit par une note positive. Certes, il faut savoir être sceptique mais des opportunités se font jour. Les valorisations sont plus raisonnables. Par ailleurs, il est certain qu’avec la remontée des taux, le coût du capital est plus important et on doit s’attendre à des TRI plus bas mais cela reste tout de même très intéressant.
Article rédigé par H24 Finance. Tous droits réservés
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