Hausse des taux historiques, inflation record, forte volatilité des marchés... le scénario du pire est-il en train de se produire ?
A la suite de la réunion d’allocation d’actifs, Erick Muller, Directeur des produits et de la stratégie d’investissement chez Muzinich, présente ses conclusions sur les fondamentaux, les valorisations et les facteurs techniques des marchés de crédit. En outre, Thomas Samson, gérant des stratégies High Yield européennes, nous livre ses convictions sur les caractéristiques et les opportunités offertes par le marché du crédit européen.

Hausse des taux historiques, inflation record, forte volatilité des marchés... le scénario du pire est-il en train de se produire ?
Malgré un contexte difficile, « le scénario du pire, pour l’instant, n’est pas le plus probable » d'après Erick Muller.
Et ce pour plusieurs raisons :
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Aux États-Unis, les données macroéconomiques ne sont pas si alarmantes. Malgré la publication d'indicateurs économiques avancés (PMI) contrastés, la croissance est attendue en territoire positif pour le troisième trimestre. De plus, pour le gérant, la légère hausse du taux de chômage n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. La Federal Reserve estime au contraire que cette augmentation réduira le décalage actuel entre offre et demande de travail. Si le scénario de ralentissement est bien acté, « il n’y a pas eu de dégradation particulière de la macro ».
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En Europe, le problème principal reste le risque de rupture d’approvisionnement en gaz. Bonne nouvelle en revanche, tant les capacités de stockage que les stocks eux-mêmes ont été augmentés et dépassent même le seuil de 80% fixé par l’Union européenne. A noter également les nombreuses mesures de protection des entreprises et des consommateurs, à l'instar du bouclier énergétique mis en place par le gouvernement français.
Quelles conclusions en tire l’équipe d’allocation de Muzinich sur l’ensemble du marché du crédit ?
Première affirmation : il y a une légère amélioration du côté des émergents. Les résultats macroéconomiques sont au-dessus des attentes en Amérique latine, tandis que « La Chine opère un stimulus qui semble plus puissant, plus cohérent et surtout plus adapté à la situation ». Erick Muller reste toutefois lucide : la politique zéro-covid mise en place par Pékin empêche pour le moment ces mesures fiscales de soutenir l’économie. Il faudra donc être encore un peu patient.
Côté technique, il y a toujours une grande disparité concernant l'émission d’obligations Investment Grade et High Yield (à peine 41 milliards depuis le début de l’année aux États-Unis). Si le gérant s’attend à un marché primaire Investment Grade actif jusqu’à la fin de l’année, le High Yield, quant à lui, devrait rester dans un état de léthargie. Géographiquement parlant, « on a l’impression que beaucoup de risque a été pricé en Europe par rapport aux États-Unis et que les spreads reflètent ce risque ». Les primes de risque s’étant bien écartées sur le Vieux Continent, la gestion a décidé de re-pondérer petit à petit les obligations européennes.
Focus sur le High Yield européen
Pour Thomas Samson, il est encore tôt pour savoir qui seront les perdants de la crise énergétique en Europe. Il rappelle que l’essentiel du choc devrait être sur la consommation, tandis que les ménages devraient être protégés par l’action des gouvernements. Concernant les sociétés, si les chiffres du deuxième trimestre sont satisfaisants, ces derniers ne se projettent pas en raison de l’environnement particulièrement incertain. « Les fondamentaux nous paraissent sains », ajoute le gérant : les bilans sont robustes, affichent de bons niveaux de cash et peu d’endettement. Pour ces raisons, il ne voit pas de “gros choc” en termes de taux de défaut (2% actuellement, attentes autour de 4% à 5% maximum).
Mauvaise nouvelle cependant, il y a plutôt un mouvement de décollecte en ce moment, en raison de l’aversion au risque des investisseurs pour le continent européen. Côté valorisation en revanche, le prix moyen de la classe d’actif est à des niveaux très bas, en dessous de ceux de 2011 !
Enfin, si une récession sévère n’a pas encore été pricée par le marché, Thomas Samson estime que le marché a bien anticipé un scénario d’une récession légère : « il y a une bonne marge pour absorber un ralentissement économique léger » conclut le gérant.
Article rédigé par H24 Finance. Tous droits réservés.
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