Pas de langue de bois chez J.P. Morgan AM...

Selon l’expert, le problème n’est pas que les banquiers centraux aient baissé les taux à 0% mais plutôt les dommages collatéraux, à savoir, une inflation au plus haut depuis les années 80 et des taux d’intérêt réels très fortement négatifs.
Pour Bob Michele, les banques centrales sont largement en retard (« behind the curve ») et doivent rattraper très vite le temps perdu. Le gérant souligne également que le montant des liquidités dans le système est phénoménal. Les banques centrales essaient maintenant de sortir ces liquidités du système. Selon Bob Michele, c’est un grand danger. Ces liquidités ont fait monter les prix (actifs financiers comme économie réelle), que va-t-il se passer maintenant qu’on les retire ? Le moins que l’on puisse dire c’est que Bob Michele n’est pas vraiment positif. Certes, il y a une probabilité que cela se passe bien avec un atterrissage de l’économie en douceur mais c’est peu probable selon l’expert.
La Fed n’a jamais fini son cycle de relèvement de taux avec des taux réels négatifs donc penser que la hausse va s’arrêter à 4% dans quelques mois revient à dire que l’inflation sera en dessous de 4% à ce moment. Selon l’expert obligataire, on risque d’être au-dessus. Par ailleurs, les banques centrales ne veulent pas, une fois de plus, sous-estimer l’inflation. Le marché pense même que la banque centrale US va commencer à baisser ses taux l’an prochain (le fameux pivot de la banque centrale). Bob Michele pense qu’on est là dans la fantaisie. La banque centrale essaie d’ailleurs de tordre le cou à cette idée dans ses discours. L’expert préfère donc être très court en sensibilité obligataire. Selon lui, une fois que les banques centrales seront à leur taux terminal (i.e. le taux final après la hausse des taux directeurs), elles le garderont pour longtemps afin d’être sûres que l’inflation ne reviendra pas.
Tout n’est pas non plus négatif et le marché offre tout de même certaines opportunités :
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Le crédit de qualité (investment grade) de courte maturité. Attention aux papiers de moins bonne qualité (High Yield). S’il n’y a pas de récession, les prix sont actuellement neutres mais s’il y a une récession, l’investisseur n’est pas assez compensé pour le risque. Aux US, nous sommes à 4,5% de spread sur le High Yield, Bob Michele conseille de ne pas investir avant 7/7,5%.
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Les obligations émergentes sont relativement attractives car les hausses de taux ont déjà été faites. Beaucoup de pays émergents offrent des taux d’intérêt réels positifs (6% au Brésil, 5%en Afrique du Sud). L’expert préfère, par ailleurs, les obligations en devises locales aux obligations libellés en USD.
En conclusion, Bob Michele fait une synthèse du scénario noir et du scénario rose :
Risques extrêmes (peu probables mais très négatifs)
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Une spirale haussière sur l’inflation due aux hausses de salaires
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Un hiver sévère en Europe qui amplifie la crise énergétique
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Des tensions supplémentaires entre les US et la Chine sur Taiwan
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La consommation ne tient plus face à la hausse des prix
Mais on pourrait aussi avoir
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La paix entre la Russie et l’Ukraine
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La Chine qui se réouvre entièrement
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Une relance fiscale et budgétaire aux US et en Europe
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Un changement générationnel (millenials, Gen X…) qui booste la demande pour de nouveaux biens et services
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